Baby Factory
La Fabrique.
  • Éducation40
  • Lifestyle37
  • Santé36
  • Grossesse34
  • Organisation29
  • 1 an et plus21
  • Accouchement19
  • Les premiers jours15
  • On a testé...14
  • 0-6 mois13
  • Développement13
  • Scolarisation12
  • Shopping11
  • Allaitement10
  • 6-12 mois10
  • 2-3 ans9
  • Alimentation9
  • Garde7
  • Activités7
  • Couple6
  • Voyage6
  • Concours3

Une robe à plumes et un slip imprimé petites voitures

7 réponses • 6 min • • 15 Jan 2018

Un jour j’ai confié ici que Paco mettait des robes. Un article écrit à tâtons, en sachant ce que l’on défendait sans trop avoir ce que ça donnerait. Et ça finissait sur les premières réactions du premier jour où il a porté une robe hors de la maison.

Alors je me suis dit que je vous devais une suite à cette histoire. Je reviens donc maintenant avec quelques mois de recul, beaucoup de journées en robe à la crèche, et une poignée de rencontres à se faire complimenter sur les belles petites filles que l’on a là.

Et le bilan c’est que les plus coincés, c’est peut-être nous.

Du côté des copains.

Du côté des copains de crèche (la « crèche » allant ici jusqu’à six ans), il s’est passé un truc super positif. Bien que ça ne soit pas forcément le sujet du bac à sable, mon fils en robe fait son petit effet dans la tête de ses copains de gateau au chocolat que l’on mange pour du faux.

J’ai ainsi appris d’une autre maman que son fils et trois autres copains avaient commenté à la maison le fait que Paco mettait des robes. Apparemment, la discussion surprise aurait pris à peu près cette tournure-là :

– « Ben franchement, chacun met ce qu’il veut. Et s’il se sent bien robe, il faut qu’il mette des robes ! »

– « Ouais ! »

– « Ouais ! »

– « Ouais ! »

Dans le genre leçon sur le respect de l’autre et l’acceptation des différences (et même si c’était pas le but de notre démarche, que l’on s’entende), je ne sais pas si on fait beaucoup mieux.

Et puis il y a ces autres parents, qui nous relatent de manière isolée, l’histoire du jour où leur fils est rentré à la maison en demandant à porter une robes, parce que, ben, comme Paco, quoi.

Et je sais pas toi, mais moi je vois ça comme une petite victoire, comme si son attitude pouvait permettre à d’autres enfants de se libérer des stéréotypes du genre, de réclamer un peu de douceur rose et cotonnée dans leur armoire de mini-super-héros, et que de boule de neige en papillon, l’effet fil en aiguille transforme tous les rase-moquettes de la planète en personnes hautement respectueuses et égalitaires.

Je sais pas, une vision comme ça,

Du côté des étrangers dans la rue.

Encore une fois, j’ai quelques – surtout le premières – fois eu du mal à reprendre les gens dans la rue qui admiraient nos « si jolies petites filles ».

Pas envie de voir leur sourire bienveillant se transformer en grimace de jugement, pas envie de rentrer dans un débat sur les raisons qui font que notre fils se promène en robe ce matin-là, pas envie non plus de les laisser rentrer chez eux en pensant qu’ils ont croisé une folle dans la rue qui habille son fils comme une petite fille.

Alors je me suis lancée, tout d’abord un peu gênée. Je répondais simplement qu’en fait c’était un garçon. Parfois, que c’était un garçon qui aimait porter des robes. Et je regardais la personne très fixement dans les yeux, comme peut-être pour la supplier silencieusement de ne pas rire. Parce que je ne voulais pas que l’on rie de(vant) mon fils, je ne voulais qu’il devienne à son insu le protagoniste d’une blague drôle dans une autre génération.

Mais ce jour est arrivé. Un jour quelqu’un a ri. Alors je l’ai regardé encore plus fixement, encore plus sérieusement, je n’ai pas ri avec lui. Ma supplication silencieuse s’est transformé en défiance silencieuse. Et je l’ai vu s’arrêter de rire pour se mettre à penser. Au bout de quelques secondes, il s’est retourné et m’a dit très sincèrement : « Oh punaise, mais c’est génial en fait. » Et j’ai vu son étonnement se transformer en admiration.

Et en réalité j’ai adoré que Paco ait vu ça aussi, j’ai adoré qu’il ait vécu ça. J’ai adoré qu’il ait pu sentir que certaines choses qui ne sont pas communément acceptées ne sont pas forcément de mauvaises choses, et que du haut de ses trois ans et demi, ses actes singuliers puissent être source d’inspiration plutôt que de répression.

Et puis il y a ces rencontres inattendues, comme cette personne qui en découvrant notre démarche m’a confié combien assumer son orientation sexuelle avait été éprouvant, et comment il aurait aimé que ses parents eurent été enclins à le voir porter des robe à l’âge de Paco. Il y a comme ça des échanges qui valent toutes les sales gueules du monde.

Et puis il y a nous.

Il y a nous, parents, famille, proches. Parfois je me dis que le plus grand problème que notre fils qui aime porter des robes ait, c’est nous. Nous qui voulons le protéger, nous qui voulons tout au fond – et même si plus au fond encore on sait que ce n’est pas ce qui fera de lui quelqu’un de bien –, que sa vie ne soit que légèreté et facilité.

Il y a moi, qui suis capable d’écrire tout ça, mais qui trouve qu’il faudrait quand même qu’il mette un short aujourd’hui.

Il y a lui, qui approuve 100% du texte ci-dessus mais trouve 100% des robes trop « fille ».

Il y a nous, qui prônons la diversité, mais souhaitons pour nos êtres les plus chers la normalité.

[ Photos trouvés sur Google images en tapant « Man skirt ». Sauf pour la deuxième photo de la première ligne ; pour celle-là, j’ai tapé « Seu Jorge skirt » <3 ]

Alors qu’un homme en robe, c’est plutôt beau, non ?

Être maman prend du temps, on publie quand on peut. Le mieux, pour te tenir au courant de la publication d'un nouvel article, c'est de nous donner ton mail dans le petit espace, là, tout en-bas. Tu peux aussi nous suivre sur Facebook, et dans ce cas c'est sans garantie que nos dernières tribulations apparaissent dans ton feed – mais on s'y marre bien quand même.

15 Jan 2018

Article Précedent

Article Suivant

Réactions

  1. L

    Lily 15 Jan 2018 - 5:51 Répondre

    Super retour d’expérience 😉 Je vous admire beaucoup. Moi je ne sais pas si j’aurais eu le cran d’accepter la demande de mon fils, le cas échéant.
    Et c’est pour ça, je ne pense pas que vous soyez si coincés que ça, à mon sens vous avez, dès son plus jeune âge, offert à votre fils un environnement et un regard sur le monde si sereins par rapport à ces question qu’il a pu se permettre de formuler une telle demande…
    Il y a quelques temps, je ne sais plus d’où c’est parti, mais mon fils de 3 ans m’a dit que les hommes ne portaient pas de jupe. Je lui ai affirmé que si, et j’ai fini par sortir des photos de son père, en kilt, d’une part, et au carnaval de Dunkerque (où les hommes s’habillent en femme), d’autre part. Soufflé, le gamin 😉 Ça reste des contextes particuliers, et pas du « quotidien », mais j’espère que l’idée pourra faire son petit chemin…
    • J

      Joana 16 Jan 2018 - 12:08

      Merci Lily, c’est gentil de dire ça. Je crois qu’il ne faut rien forcer, si tu te ne te sens pas à l’aise avec une demande du genre, c’est ton propre regard sur ton fils qui sera un problème tu vois ? Je crois que ce que tu fais c’est déjà très bien, et c’est déjà beaucoup ! Je crois beaucoup en cette génération qui arrive !!
  2. N

    Nalaya 15 Jan 2018 - 9:58 Répondre

    Les tenus sont culturelles. Au moyen orient les hommes portent des arbayas qui sont de longues robes. 🙂 Il est juste très difficile de dépasser nos barrières psychologiques. En tout cas bravo !!
    • J

      Joana 16 Jan 2018 - 12:06

      Tout à fait d’accord, avec la première, et la deuxième partie ! Par contre, j’essaie perso de pas ramener le discours (que j’ai avec les enfants) à des exemples de cultures où les hommes portent robes ou jupes… Parce que je crois que ce serait intrinsèquement comme réduire la possibilité de port de ce type de vêtements à ces cultures-là. Tu vois ?

      Mais si c’était juste pour dire qu’on se met des barrières et qu’on se prend la tête pour rien, on est d’accord ! 😉

  3. F

    Fernanda H. 17 Jan 2018 - 4:47 Répondre

    Bon, je crois vous avoir déjà dit ça lors du premier texte, mais je vous admire tous les 3. Surtout, vous faites ça au Brésil. Il faut avoir envie. Et du courage. Je suis encore une fois agréablement surprise aussi de la réaction de mes compatriotes, j’aurais espéré bcp plus de réactions bizarres et moqueuses.
    Vraiment, Paco, Joanna et Marcio, chapeau. Vous êtes de ces « parents de garçon » qui aident à faire un monde plus libre et égal pour nos filles. Vous aidez à changer les regards des gens. Et a minima, vous faites réfléchir, c’est déjà pas mal!
    • J

      Joana 18 Jan 2018 - 8:31

      Ooooh, merci Fernanda ! Je crois que quand tout est mûrement réfléchi c’est plus simple d’assumer une position… Alors on va continuer de réfléchir. Bisous !
  4. P

    Poupette 25 Fév 2018 - 9:42 Répondre

    bravo! perso j’adore votre éducation basée sur la tolérance et l’ouverture d’esprit. j’adhère totalement. de mon côté j’explique toujours à mes enfants (jumeaux garçon et fille de 4 ans) que chacun est libre de faire et s’habiller comme il veut, porter des cheveux longs ou courts, des vetements de couleur (non le rose n’est pas réservé aux filles, regarde ton père aujourd’hui il porte une chemise rose pour aller au travail), se marier s’il veut et avec qui il veut, garçon ou fille. Bon, du coup parfois ma fille me dit « tu m’as dis de faire ce que je veux et moi je ne veux pas de legumes » quand elle ne veut pas manger ses légumes , mais bon j’assume 🙂

Réagir

Ton adresse mail ne sera pas publiée / Les champs obligatoires sont indiqués *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.