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Tu l’as vu, toi, l’instinct maternel ?

8 réponses • 4 min • • 19 Fév 2016

L’instinct maternel.

Genre, ça veut dire que d’un seul coup, on te colle un nouveau-né dans les bras et que toi, direct, sans même le connaître, tu vas l’aimer instantanément à l’infini. Comme une cascade d’amour et de bonheur qui tomberait du ciel, tout pile sur ton petit nez, à la seconde où ton enfant naît.

C’est beau comme une poésie cette histoire.

Y’a juste un truc : la vie, par moments c’est une poésie, c’est vrai, mais pas toujours-toujours.

C’est pour ça que, quand ton bébé naît, t’as pas forcément l’impression qu’on te délivre en même temps ta carte d’heureuse titulaire du graal qu’est l’instinct maternel.

Et moi, ça me choque d’entendre et de lire qu’une maman, ça a un instinct maternel, que ça aime son bébé à la folie, et tout, et tout. Parce que quand ma fille est née, autant je la trouvais parfaitement parfaite, et autant j’en ai passé des nuits à la regarder, autant j’avais l’impression de ne pas trop la connaitre. Il y avait beaucoup d’amour, mais aussi une pointe d’étrangeté dans cette nouvelle relation entre elle et moi. Et tout ça m’a fait un peu culpabiliser, parce qu’il me semblait que, « normalement », rien n’aurait dû être étrange, j’aurais dû la connaitre par cœur à peine le cordon coupé, voire même avant. C’était beau, c’était de l’amour et du bonheur, mais on était tous nouveaux les uns pour les autres.

Après d’intenses réflexions, je suis parvenue à la conclusion que la raison de ce décalage est simplissime : l’instinct maternel, c’est pas ce qu’on te vend à la télé ou sur les blogs.

Pour être claire, l’instinct maternel, ce n’est pas l’amour : c’est la survie de l’espèce, ni plus, ni moins.

Ça veut dire que quand tu deviens maman, le mammifère que tu es va s’efforcer, d’instinct, de nourrir et de protéger son petit. L’instinct maternel, c’est donc de permettre à son petit de grandir et de le défendre contre les prédateurs, la faim, le froid, le chaud et les maladies. La base vitale, quoi.

L’amour, c’est autre chose, et pourtant, on se plait à nous faire confondre instinct maternel et amour maternel.

Chaque maman est à la fois pareille et différente de la maman d’à côté : certaines vont tomber en amour de leur bébé direct, et d’autres non…

KWOUA ?! Mais comment peut-on ne pas aimer son bébé immédiatement, tu te demandes ? Attends, attends, ne t’emballes pas. Ce sont des femmes très bien ces mamans-là, hein, juste qu’elles ont besoin de faire connaissance avant de lâcher les vannes de l’amour fou. Y’a pas de quoi sauter au plafond. En général, elles vont prendre le temps de découvrir leur merveille, de la regarder sous toutes les coutures, quand elle boit, quand elle dort, etc… Et, très vite, la chape d’amour leur tombe sur la tête, à elles aussi. Parce que l’amour c’est pas toujours l’instinct, souvent, l’amour ça nécessite un peu de séduction !

Y’a un autre truc aussi : quand tu n’as pas le moral après la naissance de ton bébé, que le baby blues t’assaille et que tu as l’impression d’assurer le service minimum à ton bébé, comprends bien que ça ne signifie pas que tu n’aimes pas ton bébé. C’est bizarre de le dire comme ça mais c’est une question que tu te poses dans ta petite tête et qui ne franchira surement jamais la barrière de tes lèvres. Alors on va toutes être au clair : oui, tu aimes ton bébé, c’est juste que là, tout de suite, tu n’as pas la force de faire plus que ce que la nature commande. Et alors ? Pendant quelques jours ce sera comme ça et puis tout va rentrer dans l’ordre. Et, à part toi, qui ça dérange ?

Et sinon, maintenant qu’on a bien saisi que l’instinct maternel existe pour toutes les mamans, à de très rares exceptions près, parlons de l’amour maternel, celui qui peut mettre un tout petit peu de temps à exploser dans toute sa grandeur. L’amour maternel, c’est ce qui fait battre ton cœur quand tu regardes ton bébé. Cette sensation folle, cette impression que tu ne pourrais plus jamais vivre sans ce petit bout, que s’il est mal, tu es encore plus mal, c’est ça l’amour maternel. Après, en pratique, chacune le traduit différemment : il y a les fusionnelles et les moins fusionnelles. Mais peu importe : l’amour maternel est là.

Alors on va arrêter de nous bassiner avec ce fichu instinct maternel que même ton raton-laveur il l’a, et on va enfin commencer à nous dire qu’une maman bien dans ses baskets, c’est ça qui importe.

Être maman prend du temps, on publie quand on peut. Le mieux, pour te tenir au courant de la publication d'un nouvel article, c'est de nous donner ton mail dans le petit espace, là, tout en-bas. Tu peux aussi nous suivre sur Facebook, et dans ce cas c'est sans garantie que nos dernières tribulations apparaissent dans ton feed – mais on s'y marre bien quand même.

19 Fév 2016

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Réactions

  1. L

    LeMerlanFrit (Fanny) 19 Fév 2016 - 4:09 Répondre

    A-MEN. Moi qui n’éprouve déjà pas l’envie d’enfant (sans être contre, c’est compliqué dans ma tête, je m’étais épanchée sur mon blog à ce sujet), ce genre de remise en place risquerait de m’être nécessaire quand j’accoucherai !! Un grand merci 🙂
    • J

      Juliette 20 Fév 2016 - 3:00

      J’aurais bien aimé qu’on me le dise avant : j’avais l’impression que pour toutes les autres mamans tout était simple et pas pour moi. Trouver son bébé merveilleux, être capable de s’en occuper mais avoir le sentiment de ne pas le connaître. C’est un peu déstabilisant, ça passe très vite, mais ça doit être beaucoup plus simple quand tu sais que ça arrive à beaucoup, beaucoup d’autres mamans ! J’espère que nos articles pourront t’aider si un jour l’envie te vient de faire un bébé (je vais de ce pas lire ton article !
  2. L

    Lucas3008 04 Avr 2016 - 2:14 Répondre

    Moi qui ai toujours dit que mon bébé ça serait le plus beau, le plus fort, et que je serais la maman la plus heureuse et amoureuse à sa naissance, j’ai carrément fait un rejet de mon enfant à sa naissance et ce… jusqu’à ses 3 jours de vie ! J’ai énormément culpabilisé d’ailleurs, mais trop de conseils tue le conseil (bah oui, tu sais, quand ta belle maman te dit qu’il faut pas le prendre à bras au risque qu’il fasse des caprices, que ta tante te dit qu’il faut le prendre à bras constamment, que la soeur de la belle mère de la nièce de ta cousine te dit qu’elle elle a fait comme ça et que les autres sont des mères indignes) bah tu sais pas quoi faire et tu te retrouves perdue à côté de ce petit bout de chou que tout le monde semble déjà adorer et que toi, à côté, tu as l’impression d’être une étrangère pour lui, et pas sa maman, un peu comme si tu allais à la maternité pour rendre visite au petit d’une amie.
    Ben ça, je l’ai mal digéré, et j’ai pas compris pourquoi c’était sur moi… Il a fallu 4 mois pour que je dise merde aux autres et que je m’écoute moi et rien d’autre que moi, et là boum c’est tombé comme une évidence, J’ETAIS MAMAN ! (ouais 4 mois après je sais, encore aujourd’hui j’ai les boules de le dire parce que moi, malgré qu’il était voulu et tout plein entouré d’amour, et que je l’aimais déjà à la folie, j’avais l’impression de garder le bébé d’une autre partie un long moment, et que je me refusais ces moments de tendresse avec mon bébé).
    Alors oui, moi ça a pas pris quelques jours mais plusieurs mois pour connaître mon enfant, mais aujourd’hui je ne me sens pas moins mère qu’une autre, et j’adore les instants de câlins avec mon fils, et je suis fière de l’éducation que je lui donne -pour l’instant hein évidemment on n’est pas au bout loin de là !- mais ça fait du bien de se dire qu’on est pas les seules à avoir vécu ça, que ça ait duré 1 heure ou 1 an…
    • J

      Juliette 04 Avr 2016 - 3:32

      Je reviendrais sur ce point dans un prochain article mais ton témoignage est la plus belle preuve que 3 jours ou 4 mois, l’important c’est de finir par lâcher du lest ! (ouais, encore !). Ce qui me réjouis pour toi c’est qu’avec le prochain, ce sera plus simple !
  3. L

    Loïs 09 Avr 2016 - 9:24 Répondre

    Oh mais c’est rigolo, je ne pensais pas tomber sur ce sujet en voyant ce titre. Pour moi l’instinct maternel je le vois plutôt comme arriver à s’occuper « correctement » de son nouveau-né, plutôt qu’une histoire d’amour.
    Par contre mais OLALA cet article est tellement … Vrai. C’est tellement ce que j’ai vécu.
    J’étais persuadée que quand mon fils serait là, j’aller éprouver un amour immense, comme jamais je n’en avais connu, comme si c’était toute ma vie, ma raison d’être. Et en fait, pas vraiment. J’aimais mon bébé, mais calmement, normalement. J’étais contente d’être maman, mais je n’ai pas ressenti ce bonheur immense. Certaines parlent du plus beau jour de leur vie, moi ça n’a pas été le cas (sans être le pire non plus, on est d’accord). J’ai eu un punaise de baby-blues, au troisième jour, avec l’allaitement idéal que j’avais imaginé qui était aux abonnés absents … Là par contre, je n’ai jamais jamais été autant au fond du trou, j’ai pleuré pendant toute la journée, c’était horrible. J’ai eu la chance d’être bien entourée (en particulier par une auxiliaire adorable, seul point positif de mon séjour à l’hôpital), et ça n’a pas duré, ouf.
    Mais j’ai aussi envie de dire aux mamans : oui, c’est la chair de votre chair, mais l’attachement et l’amour grandissent de jour en jour, tout ne vient pas d’un coup 🙂
    • J

      Juliette 11 Avr 2016 - 2:25

      Je t’avoue que ça me soulage aussi de lire que c’est pareil pour d’autres mamans ! Et comme pour toi, ça n’a pas été le « plus beau » jour de ma vie, même si c’était sans doute le plus important !
  4. I

    Illiade 27 Mai 2016 - 11:25 Répondre

    Encore une petite pierre contre l’amalgame instinct / amour qu’on nous vend à toute force.
    Je n’ai eu aucun souci avec l’amour, sauf qu’il n’a pas explosé d’un coup. Il était déjà là. Grâce à une prépa haptonomie, la naissance de notre fils à juste été dans la continuité de ces 2 ans à l’attendre, 9 mois à le sentir grandir.
    Et là, quand tout le monde te dit, « ça vous change hein !? », « on n’est plus comme avant », « on se sent vraiment parent (surtout le père) qu’à la naissance ».
    Bah euh non papa le sentait déjà comme ça. Gros doute dans le regard de ton interlocuteur, qui en remet une couche. « Non mais c’est parce que c’est le début tu te rend pas encore compte ».

    Même l’instinct on l’avait (ouf, effectivement c’est le minimum). Sauf que là encore le monde s’acharne à te faire douter. Trop de conseil tue le conseil, c’est clair !

    Et en conclusion, malgré les meilleurs soins, malgré tout l’amour ressenti, et bien même les mamans les plus parfaites en apparence avec leur bébé tout parfait ont leur faille. Quand ton hyper social super heureux tout souriant bébé ne chouine que quand il est seuuuul avec toi, forcément personne ne prend au sérieux tes doutes, irrationnels certainement mais néanmoins bien présents.

    Celle qui m’a sans doute le plus aidé, c’est ma frangine. Son bébé parfait, son énergie, son couple. Et pourtant à moi elle n’a jamais caché qu’elle était crevée et que franchement si elle avait su avant, elle n’aurait pas eu le courage d’avoir son enfant. Je regrette de ne comprendre vraiment que 6 ans après.
    C’est ce qui m’a permis de continuer à chercher du soutien jusqu’à en trouver. Parce que elle pendant 3 ans, tout en adorant son enfant (c’est là tout le paradoxe), elle a pensé que si elle pouvait revenir en arrière et ne pas l’avoir elle le ferait.
    Sauver les apparences, c’est parfois s’enterrer vivant. Et ce n’est constructif pour personne.

    • J

      Juliette 27 Mai 2016 - 12:36

      Amen.
      Je ne peux que confirmer que les apparences on s’en fout, et que si Joana et moi avons construit ce site, c’est aussi pour dire que tout est possible, qu’on peut douter de tout, mais que quoiqu’il arrive ça n’arrive jamais qu’à nous. Alors en parler, c’est la base !
      Des bisous !

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