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Quand le coût d’un enfant conditionne ta décision d’en faire

10 réponses • 7 min • • 24 Oct 2017

Sur Baby Factory on a déjà pas mal parlé du nombre d’enfant qu’on choisit d’avoir (ici ou encore ). C’est un sujet récurrent parce que c’est l’une des plus grandes décisions que tu vas prendre dans ta vie que celle d’avoir ou non des enfants, et d’en faire 1 ou 5. Quand j’ai écrit sur les raisons qui font qu’un deuxième enfant n’est pas forcément une évidence, j’ai focalisé mon article sur l’équilibre familial, mais plusieurs commentaires sont revenus sur l’aspect plus…. économique de la décision.

D’un point de vue purement moral et culturel, parler du coût d’un enfant, ça peut paraître un peu choquant. Pourtant, un enfant, si c’est de l’amour pur, c’est aussi un poste de dépenses dans une famille. L’un ne salit pas l’autre, et il est, à mon sens, impossible de dire qu’un enfant ne coûte rien. Peut-être que, pour qu’on puisse parler du coût d’un enfant sans choquer, chacun doit avant tout comprendre que le coût n’est pas le prix… Partant de là, on peut commencer à parler chiffres !

Le coût d’un enfant : de la difficulté de fournir un chiffre…

Il est toutefois hyper compliqué de chiffrer le coût d’un enfant tant cela diffère d’une famille à l’autre. J’ai trouvé plusieurs enquêtes qui donnent des moyennes, mais en réalité, nous ne sommes pas égaux : il a des familles qui ne font pas garder leurs enfants, d’autres qui, au contraire, ont besoin d’un moyen de garde matin, midi et soir, il y a des enfants qui vont devoir voir leur pédiatre tous les quatre matins et d’autres qui ne seront jamais malades… bref. Sans parler des dépenses aléatoires, suivant que tu recycles les fringues des bébés des copines ou pas, que tu choisisses une école privée ou publique, que tu l’inscrives à des activités payantes ou non, etc.

Sans compter qu’il y a plusieurs méthodes pour calculer le coût d’une personne et qu’aucune n’est réellement fiable, et, en même temps, qu’est-ce qu’une méthode fiable pour ce genre de recherche ? Et en plus, la plupart des méthodes utilisées ne prennent pas en compte le fait qu’avec des enfants, un certain nombre de parents (de mamans ?) cessent de travailler, travaillent moins ou voient leur rémunération stagner (mamans ?).

Alors pour faire simple, le chiffre sûr que j’ai trouvé c’est celui-ci : En 2014, la présence d’enfant(s) réduit de 4 270€ le niveau de vie médian des couples.

De là à dire que c’est le coût d’un enfant il y a de la marge. Mais je me suis sentie obligée de te fournir un chiffre, histoire que tu ne te sentes pas lésé par mon titre. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour faire plaisir, je te le demande.

Alors en gros, un enfant, c’est un budget.

Et dans certaines familles, l’élément financier, s’il n’est pas forcément déterminant, est tout de même pris en compte par les parents pour décider de faire un enfant ou non. Chacun évalue l’impact financier d’un nouveau venu dans son foyer et, je crois qu’au final, la question qui se pose n’est pas tant celle de savoir combien « coûtera » la nouvelle merveille, mais à quel point la famille est prête, à revenus identiques, à modifier ses habitudes de consommation.

Si on est parfaitement honnêtes, on sait qu’on peut vivre en consommant assez peu : s’éloigner des grandes villes, jardiner… je te refais pas l’histoire, on sait qu’il est possible de vivre sans dépenser beaucoup. Toutefois, ce mode de vie économe n’est pas la norme dans notre société et, de fait, chaque membre du foyer a des besoins, vitaux ou pas du tout vitaux, qui, eux, ont un certain prix.

A partir de là, la question qui peut se poser, c’est de savoir si une personne de plus permet ou non de maintenir un niveau de vie « satisfaisant » à tous.

Et la satisfaction, c’est propre à chacun.

On peut choisir que 4 personnes dans un studio ce n’est pas un problème, comme on peut choisir que si chaque enfant n’a pas sa propre chambre ça ne va pas. On a parfaitement le droit de considérer que les vacances au bout du monde font partie de ce niveau de vie satisfaisant et que sans elles, il y a frustration. Dans cette optique, une personne supplémentaire, au prix de l’avion, des hôtels et du reste, c’est à prendre en compte. Mais on a aussi parfaitement le droit de se dire que non, les vacances au bout du monde, même si ce serait chouette, c’est un plus dont on peut aisément se passer. Et dans ce cas, l’équation est bien différente.

L’économiste Gary Becker, Prix Nobel d’économie, quand même, a élaboré la théorie du « capital humain ». Il s’est appliqué à expliquer une partie des comportements humains par l’économie. C’est un courant qu’on appelle « l’impérialisme économique » je crois (oui parce que comme je ne suis pas spécialisée dans l’économie, je voudrais pas t’induire en erreur !). Bref, tout ça pour dire que ce brave Gary a élaboré une théorie selon laquelle le nombre d’enfants n’est pas déterminé par ton envie, mais par l’économie de marché : chacun d’entre nous cherche à maximiser sa propre rentabilité, ce qui passe notamment par le mariage, le divorce, ou encore le fait de faire ou non des enfants. Tout serait une question d’économie de marché :

« Les parents sont supposés avoir des préférences concernant le nombre de leurs enfants et le niveau d’éducation de ces derniers, le niveau d’éducation étant affecté par la quantité de temps et d’autres ressources que les parents consacrent à leurs enfants. Les investissements dans le capital humain des enfants peuvent être déterminés par une fonction de revenus et de prix. Lorsque les salaires augmentent, les parents augmentent leurs investissements dans le capital humain et réduisent le nombre d’enfants ».

Ce qui tend à dire que mieux je vais gagner ma vie, plus je vais considérer que mes enfants devront eux aussi bien gagner leur vie et donc plus je vais « investir » sur eux à coup de cours particulier, activités extra-scolaires, chambre à lui tout seul et tout ça. Et plus l’enfant me coûte cher, moins je fais d’enfant. Après ce n’est qu’une théorie économique, vouée à être malmenée et contredite, et qui ne peut convaincre tout le monde, simplement parce que peu de gens vont admettre que les plus grands choix de leur vie sont guidés par l’économie de marché… Faut dire que c’est osé comme théorie ! (Ça valait bien un prix Nobel !).

Alors voilà, l’enfant représente un coût, et ce coût affecte chaque membre de la famille, c’est la raison pour laquelle il est souvent pris en compte dans la décision de faire ou non un enfant : pour le premier on attend un emploi stable ou un appartement assez grand, et pour le quatrième on se demande combien coûte une plus grosse voiture. Quand ce n’est pas la décision elle-même qui est conditionnée, c’est le moment propice qui est attendu.

Bref, l’argent, ça peut aussi compter, même si c’est moche à écrire !

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24 Oct 2017

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Réactions

  1. Q

    Quatre enfants 24 Oct 2017 - 10:27 Répondre

    Très intéressant cet article, et bien documenté, bravo ! C’est un sujet qui est rarement abordé, le coût d’en enfant. D’ailleurs, quand j’avais écrit mon article « L’enfant de trop », ou j’expliquais un peu basiquement que si tu en a envie, fais le, ce petit 3 eme, certains m’avaient reproché de vivre au pays des Bisounours, et que le coût de 2 enfants, n’était pas le même que pour 3 et que je ferais mieux de réfléchir un peu avant d’écrire des bêtises pareilles 🙂
    • J

      Juliette 24 Oct 2017 - 10:37

      Les gens ont des réflexions trop bizarres… et puis le reproche du pays des Bisounours, je l’ai en horreur ! C’est trop le truc que te balancent les gens qui se brident eux mêmes je trouve !
  2. l

    lucas3008 24 Oct 2017 - 10:32 Répondre

    Malheureusement dans notre cas c’est vrai. Étant maman au foyer car je souhaite me consacrer entièrement à mes deux petits bouts à temps plein, les finances entrent énormément en ligne de compte. Avec un homme en intérim, qui gagne moyennement bien sa vie, un loyer élevé et des charges, nous ne prenons jamais de vacances et nous peinons à joindre les deux bouts à la fin du mois.

    Autant dire que oui, Dans quelques années, nous aimerions agrandir la famille une dernière fois, mais vient le problème financier. Même si l’envie est lointaine, Elle est là, mais pouvons-nous répondre à cette envie quand les finances ne le permettent pas.

    La réponse actuelle est non. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire un 3e enfant au vu des finances actuelles.

    Oui, c’est finalement un choix puisque si je venais à travailler, Bien sûr, On pourrait se le permettre, mais cela reviendrait à remettre en cause tout un état de fonctionnement que nous avons choisi, papa travaille et maman s’occupe à plein temps des enfants.

    Bref, ce n’est pas toujours évident mais il faut faire des choix !

  3. L

    Louna 24 Oct 2017 - 11:22 Répondre

    Merci pour cet article passionnant, qui arrive au moment où on se pose sérieusement la question du petit 3ème. Cette théorie du capital humain est vraiment intéressante : je sens qu’on va longuement en discuter avec Mister F. !
    Bon et puis sinon, trois enfants dans la même chambre, ça le fait, non ?! 😉
  4. L

    Lily 24 Oct 2017 - 11:59 Répondre

    Merci pour cet article super bien documenté ! L’idée du capital humain appliqué à la cellule familiale est intéressante (!)

    Faire un enfant de plus peut en effet être un luxe. Certes il y a des économies d’échelle (pour rester dans le registre économique) mais pas pour les modes de garde ou, plus tard, la chambre d’étudiant (je ne parle même pas de loisirs)…

    Cela étant, en France on a une protection sociale et une politique familiale plutôt favorable (faire garder ses deux enfants rapprochés par une assistante maternelle – pas de crèche – quatre jours par semaine, alors que les deux parents travaillent, merci la CAF…). Il me semble que dans d’autres pays développés la question du coût est plus prégnante encore…

    (Nous on vit aussi dans le monde « des bisounours » 😉 (cf commentaire plus haut), on n’a pas de grosses dépenses en général et, pour chaque enfant, on n’a pas réfléchi en terme financier. Je frémis parfois en pensant aux études supérieures…)

  5. n

    noizet 24 Oct 2017 - 3:24 Répondre

    Merci pour cet article et pour tous les autres, je me régale en vous lisant!

    Juste pour réagir à la théorie du prix Nobel. Je vais aller dans le sens de Gary, en te disant que dans les pays pauvres tu vas effectivement observer une fécondité vachement plus importante. L’explication des vieux économistes c’est que 1) c’est tes enfants quand ils seront adultes qui vont te prendre en charge quand toi tu seras vieux (quand t’as pas de système de retraite et que tu peux pas te permettre d’épargner…), et 2) comme y a une mortalité infanto-juvénile de malade (ex. 110 décès avant l’âge de cinq ans pour mille naissances au Mali), faut faire un max d’enfants pour en avoir quelques-uns adultes à la fin… :-S
    Bon y a aussi évidemment tout un tas d’autres choses qui entrent en jeu dans le « choix » de faire un enfant de plus, comme l’accès à la contraception et/ou à l’avortement, la culture (et la place de la religion), et puis tout un tas d’autres trucs qui sont propres à toi, ton couple, ta famille, ta communauté, etc.

    Dans notre contexte à nous, en ce qui nous concerne ma famille et moi au moins, ce n’est pas tant le coût qui pose problème (jusque là notre petite créature ne nous a pas coûté bien cher notamment grâce aux amis – échanges de vêtements, matériel). Ce qui fait barrière, c’est plutôt qu’on est dans une société individualiste, et que, quand t’as un bébé, t’es bien souvent tout seul face à tes problèmes. Il manque clairement de l’échange, de l’entraide – c’est pas du tout dans notre culture d’aller aider et accompagner les jeunes mamans/parents. Et je trouve ça dommage, c’est tellement chouette de partager autour d’un petit bout – même si c’est pour partager aussi les difficultés. Non?

    Enfin en vrai de vrai ce qui fait barrière pour nous, c’est qu’on a passé treize mois à se lever minimum deux fois par nuit – et ça ça a un coût aussi!.. 🙂

  6. T

    Taulier 24 Oct 2017 - 4:15 Répondre

    Je suis bien d’accord pour dire qu’un enfant a un certain coût : en termes d’argent mais aussi de temps , d’investissement personnel .. parents de 3 enfants , tous ces critères sont toujours rentrés en ligne de compte dans notre décision , du 1er au 3ème enfant , et nous avons tenu à expliquer les tenants et aboutissants aux aînés également , pour savoir s’ils étaient partants eux aussi avant de se lancer dans l’aventure d’un nouveau bébé .
    Expliqué également l’impact sur le budget familial du fait que maman reste à la maison 1 an pour s’occuper du bébé et participer aux activités scolaires / extra scolaires des aînées . De même nous avons fait en sorte de calculer un écart suffisant entre chaque enfant pour leur permettre à tous de faire des études supérieures s’ils le souhaitent ( 6 ans d’écart / 4 ans d’écart ) ce qui nous permettrait de financer les études de chacun jusqua ses 24 ans , âge à partir duquel nous considerons que notre enfant sera à même de se prendre en charge .
    C’est vrai que tout ça fait trés budgétisé , peu spontané mais étant issus tous les 2 de famille monoparentale dans lesquelles le temps et l’argent consacrés aux enfants manquaient cruellement , je pense que cela nous rassure de procéder ainsi .
    Tout ça pour dire que je trouve cette question très importante et déterminante dans le choix de faire , ou non un enfant .
  7. A

    Arnaud 26 Oct 2017 - 11:42 Répondre

    Super article sur un sujet au fond un peu tabou. Je pense qu’on s’est tous posés la question du « bon moment » pour faire nos enfants, et que, dans cette question à tiroirs, la question des moyens financiers était loin d’être anodine.
    J’irai même un cran plus loin : ce sujet pose aussi clairement la question du couple et des sacrifices que chacun sera potentiellement prêt à faire. Et force est de constater que c’est souvent la femme qui met de côté sa carrière, temporairement voir parfois définitivement, dans le cadre de « l’optimisation familiale » que tu évoques. Ce qui n’est pas sans créer certaines rancoeurs ou incompréhensions dans le couple.
    Il y aurait tant à faire, au fond, pour que ce problème soit potentiellement atténué ! Parce qu’au fond, par exemple, payer très cher un mode de garde pendant de longues heures chaque jour pour pouvoir avoir un travail prenant qui donc nous paye suffisamment pour qu’on puisse payer, justement, ce mode de garde, ça fait un peu hamster qui court sans avancer !

    Amicalement

    Arnaud

    • J

      Juliette 26 Oct 2017 - 3:03

      C’est tellement vrai ! Je prépare un article sur la vie pro des mères de famille alors je ne m’étends pas trop sur le sujet mais oui, c’est aussi un élément crucial de la décision d’avoir ou non des enfants et du moment où !
  8. J

    Jess 30 Oct 2017 - 1:42 Répondre

    C’est tellement rare qu’on ose parler argent, merci !
    J’aime beaucoup la façon dont tu analyses les énormes différences à la fois entre les besoins des gens et le coût qu’un enfant peut engendrer selon les foyers… c’est tellement vrai (perso je fais partie de la team #voyageauboutdumonde et aïe le prix du billet d’avion mais je compense avec la fripe bref … très bon billet !)

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