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L’avortement, ce truc dont personne ne parle

24 réponses • 6 min • • 10 Mar 2016

Aujourd’hui je vais parler d’un truc dont on ne parle pas. Je vais aborder un sujet tabou, un vrai. Et je vais le faire parce que si personne ne le fait, toi qui demain va taper dans ton moteur de recherche préféré les trois lettres « IVG », tu vas encore tomber sur un de ces pseudo-témoignages dont pullulent ces sites informatifs auto-proclamés mais qui sont en fait la propriété de lobbies religieux qui vont tenter de te rallier à leur cause au moment où tu es la plus faible. Classique.

Je vais encore le faire parce l’avortement est un droit, ça fait du bien de le rappeler, parce qu’ailleurs des femmes se battent encore pour l’avoir, ce droit, et que sans avoir besoin de dépasser nos frontières, le parcours de celle qui décide d’avorter est souvent culpabilisateur, en plus d’être intrinsèquement difficile.

Enfin, l’avortement concerne une femme sur trois en France, je pense donc qu’on peut arrêter les conneries et commencer à en discuter comme des adultes, non ?

En parlant de connerie…

Si tu as recours à l’avortement, c’est qu’a priori t’en as faite une, de connerie. Enfin je dis tu, pense pas que je te croie seule responsable de cette malencontreuse situation. Toi et le monsieur à tes côtés (à moins qu’il n’ait pris les jambes à son cou ? plus facile pour un homme de fuir la paternité !) avez fait une belle boulette.

Mais vois-tu, on est humains, et des erreurs, on en fait tout au long de notre vie. Souvent on finit par en rire autour d’un verre, entre amis ou en famille. « Tu te souviens de cette fois où on chantait à tue-tête, on a fait marche arrière et on a planté la voiture dans le fossé ? » Hahaha, qu’est-ce qu’on rigole.

Mais en ce qui concerne l’avortement, silence radio. Avorter c’est grave. Avorter c’est la honte.

Sauf qu’il faut arrêter

Tomber enceinte au mauvais moment, ça arrive. Et oui, tu peux me dire autant que tu veux que j’aurais pu me protéger, que la contraception c’est pas pour les cochons (sans mauvais jeu de mots), c’est le principe d’une bêtise. T’aurais pu l’éviter, mais cette fois t’as pas réussi. Dis-moi pas que ça t’est jamais arrivé.

Tu n’as pas à payer avec une vie de sacrifices pour pouvoir offrir une éducation décente à cet être que tu n’as pas souhaité mettre au monde à ce moment-là. Et ton futur enfant n’a pas à se sentir l’obstacle à cette vie que tu imaginais pour toi, avortée à la place de ta grossesse.

Ne t’y méprends pas, interrompre volontairement une grossesse, c’est difficile

Je tiens ce discours, mais ne crois pas qu’on avorte comme on prend la pilule.

Avorter, c’est dur. Avorter, c’est pleurer toutes les larmes de son corps, et celles de celui dont tu imagines forcément la finition 9 mois plus tard. Avorter, c’est avoir peur. Peur que cette amorce de bébé ait été ta seule chance d’être mère.

Bien sûr, on peut rationaliser tout ça, je dirais même qu’il faut le faire.

Parce que dans ces moments de délire, on pense au potentiel de ce qui est en train de se former au creux de notre ventre, pas à ce qu’il y a vraiment dedans. Or ce qu’il y a, c’est de la vie certes, mais de la vie à un stade ultra-précoce. Si tu manges du poisson et du poulet, viens pas me dire que t’es contre l’avortement, quoi. Avorter, c’est juste faire avec un peu de retard ce que n’importe quel stérilet fait tous les jours sans que ça ne pose de problème à personne.

Je vais pas te dire que ça va bien aller. Trouver le chemin de l’absolution est une épopée personnelle. Longtemps ça va peut-être même ne pas aller, en fait.

Mais ne garde pas un enfant si tu n’en as pas envie. Aucun enfant ne mérite d’être mis au monde sans être désiré. Dis-toi que la principale raison pour laquelle tu te sens mal est culturelle, une culture ancestrale et démodée, qui va mettre une âme et du sacré sur cet ovule fécondé, quand en fait c’est pas plus mal pour notre planète qu’on se retienne un peu de se reproduire, non ?

Dis-toi qu’en t’autorisant cette interruption, tu contribues aussi à l’évolution des mentalités et tu assieds un peu plus le droit de toutes les femmes dans ce monde. Tu vois c’est comme quand tu blâmes ces gens qui ont le droit de vote mais ne lèvent pas les fesses de leur sofa un dimanche d’élections. Parce que comme voter, avorter est un droit.

Bref, j’ai avorté

Il y a sept ans de ça, j’ai fait une IVG. Je suis tombée enceinte alors qu’on utilisait la méthode de contraception de prédilection de nos quadrisaïeuls et fiable à 5000%, qui consiste à compter les jours du cycle et éviter d’avoir un rapport sexuel au moment le plus fertile de celui-ci. Je peux te dire que ma gynéco m’a demandé si j’étais allée à l’école. « Oui madame, doctorants en sciences, que nous sommes ! » Et puis en vrai c’était pas de notre faute, la page Wikipedia correspondant à l’entrée « cycle menstruel féminin » disait que l’ovulation se passait toujours au quatorzième jour…(Si tu te demandais quand arriverait le moment de se détendre et rigoler un bon coup, je crois que c’est maintenant.)

Ça a été dur, psychologiquement parlant – et j’ai eu la chance d’être entourée de professionnels de la santé qui ne m’ont pas jugée ni dissuadée, grand luxe. Déjà sur le coup, puis bizarrement peut-être, pendant neuf mois, chaque fin de cycle venant me rappeler que ce bébé que j’avais imaginé, il ne viendrait pas.

Mais ça m’a aussi fait frapper à la porte d’une psychologue, qui, tu le sais peut-être déjà, m’a aussi aidée à résoudre plein d’autres problèmes.

Ça m’a laissé le temps de renforcer ma relation avec Marcio, qui en était alors, au niveau des étapes de la vie d’un couple, au stade de la petite enfance.

Ça m’a permis d’avoir envie de l’épouser, cet homme, pour finalement, le moment venu, décider d’avoir un enfant avec lui. Et un deuxième (oui le deuxième moins d’un an et demi après aussi, était voulu). Des enfants qui ont toute l’attention de deux personnes sûres de leur amour, et disposées à troquer les soirées bières entre amis pour des nuits passées à essuyer 20 fois un petit nez qui coule.

Je vais pas mentir, il m’arrive encore de penser quelques fois à ce bébé qui n’a jamais été, on ne peut pas effacer une partie de sa vie complètement. Mais toujours avec affection, jamais avec regrets.

Comme souvent dans la vie, rien n’est tout noir ou tout blanc. Il n’y a pas de solution miracle, il y un choix à faire entre deux options pourries, avec l’espoir que l’une te semble un peu moins rebutante que l’autre. Mais le point positif tout de suite, c’est que ce choix existe, et que ça sera toujours mieux que pas de choix.

Être maman prend du temps, on publie quand on peut. Le mieux, pour te tenir au courant de la publication d'un nouvel article, c'est de nous donner ton mail dans le petit espace, là, tout en-bas. Tu peux aussi nous suivre sur Facebook, et dans ce cas c'est sans garantie que nos dernières tribulations apparaissent dans ton feed – mais on s'y marre bien quand même.

10 Mar 2016

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Réactions

  1. E

    Eva 10 Mar 2016 - 11:36 Répondre

    J’ai fait le choix d’avorter aussi il y 9 ans déjà , je suis tombée enceinte par accident en étant protégée. Je n’avais aucun problème, ni de regret face à ce geste car il était impossible pour moi d’élever un enfant à 19 ans …
    Et justement, le fait d’avoir eu le choix qui comme tu l’écris si bien n’est pas sans conséquence non plus c’est une chance inouïe de nos jours et ne devrait pas être un tabou.

    J’y pense très rarement car à la base je ne veux pas d’enfants alors je ne me suis absolument pas projetée dans ce rôle de mère pour moi c’était une décision évidente ce qui a beaucoup troublé la psychologue que j’ai dû rencontrer avant l’avortement.
    Ceci étant dit, j’ai été ravi de lire ton article libérée et décomplexée sur cet acte légitime, légal et accessible pour nous toutes. Je suis une des rares personnes de mon entourage encore sans enfant à 28 ans et qui l’assume parfaitement et je pourrai finir ma vie ainsi … Je n’aurai pas voulu garder cet enfant uniquement parce que c’est la nature/le destin/les autres n’ont pas cette chance (rayer la mention inutile). Chacun son corps et chacun ses choix. Merci encore.

    • J

      Joana 10 Mar 2016 - 1:28

      Eva, tu ne veux pas d’enfants et ben tant mieux pour toi. C’est fou comme beaucoup s’attachent à un modèle familial alors que peut-être ce n’est simplement pas pour eux. Bravo à toi de réussir à assumer ce choix. Pour ce qui est de l’avortement, j’avoue que ça n’a pas été facile d’écrire ça, mais je sentais qu’il fallait que les langues se délient ! Bonne continuation à toi.
  2. L

    LeMerlanFrit (Fanny) 10 Mar 2016 - 12:03 Répondre

    Je trouve dommage qu’il y ait quelques raccourcis dans cet article, d’autant que je suis tout à fait d’accord avec l’idée que tu veux faire passer.
    Tomber enceinte peut arriver alors qu’on a pris toutes les précautions du monde parce qu’il y aura un truc qui aura merdé, et dans les scénarios catastrophes qui arrivent malheureusement aussi il y a des rapports non voulus. Lire qu’on a fait une connerie même si on a bien compris que tu parlais d’un cas particulier, ça peut faire mal.
    Payer une vie de sacrifices comme tu dis, donner suite à cette grossesse non désirée, ça peut être un choix aussi. Parce qu’on ne veut pas se confronter à la douleur tant physique que psychique de l’avortement, on peut préférer avoir l’enfant.
    Enfin, il arrive assez souvent que ceux à qui l’avortement pose problème, la contraception leur en pose en aussi. A croire que c’est un package… (sac à vomi siouplé ?)
    Bref, il en faut des articles comme celui-ci, mais je crois qu’il aurait mérité plus de relecture ou de recul :/
    • J

      Joana 10 Mar 2016 - 1:20

      Fanny, effectivement, je parle volontairement d’un cas particulier (qui est le mien), mais qui est aussi celui qui pose le plus de problème aux autres : une femme qui se fait violer et choisit d’avorter attire bien plus de compassion que celle qui a enchaîné les partenaires sexuels et se retrouve enceinte parce qu’elle n’a pas fait assez attention. Loin de moi l’idée de dénigrer une expérience aussi horrible que celle que représente un viol, mais juste, ça fait selon moi partie d’une réflexion à part.
      J’aurais encore pu parler des femmes qui tombent enceintes sous contraception mais là encore, ça serait manquer d’honnêteté par rapport à ce qu’est un avortement dans la grande majorité des cas (et finalement, inciter peut-être à culpabiliser celles qui ne se sont pas protégées ou mal protégées). Toutes les femmes qui avortent n’ont peut-être pas fait de « boulette » mais je me suis dit qu’en prenant le parti de celle qui en a faite une, je prenais par défaut aussi celui de celle qui n’en a pas fait (je sais pas si je suis claire). (Et en vrai j’ai glissé un « a priori » dans le texte, mais peut-être trop subtil.) Bref, je pense qu’il y a autant de situations que de femmes, c’est un sujet délicat, mais c’était la manière la plus logique pour moi de le traiter. Je pensais quand même que le genre de femmes auxquelles s’adresse l’article était clair, mais je suis désolée si j’ai blessé quelqu’un.
      Pour ce qui est du choix inverse (garder l’enfant) dans le cas où la douleur physique ou psychique serait trop forte, je le conçois parfaitement, mais je reste persuadée que si c’est un choix par défaut (et non « Oh bah cool, ayons un enfant ! ») c’est précisément ce genre d’article qui dédramatise un peu la situation qu’il faut, mais je peux me tromper. Après, on peut être contente finalement de la nouvelle et choisir de devenir mère, et dans ce cas, parfait ! Mon article s’adresse vraiment à celles qui se sentent coincées dans une situation qui ne leur va pas. Et pour celles qui sont contre la contraception à la base, je pense qu’il n’y a pas grand chose à faire pour les aider, malheureusement !..
      Sinon, je vais être honnête, je suis complètement ouverte à la critique, mais écrire cet article n’a pas été facile (peu de proches savaient que j’avais vécu ça). Je me suis jetée à l’eau, je pense être une des rares à l’avoir fait, et même si cet article n’est pas parfait (je n’ai pas cette prétention), il a le mérite d’être, tout simplement.
  3. M

    Marie Kléber 10 Mar 2016 - 12:42 Répondre

    Je crois que la conclusion résume parfaitement mon point de vue. Avoir le choix.
    Ce qui ne veut pas dire qu’avorter est facile. Mais pour beaucoup de femmes à travers le monde, ce choix n’existe pas et l’absence de choix détruit des milliers de vie.
    Merci pour cette article.
    • J

      Joana 10 Mar 2016 - 1:24

      Exactement, on est libre de faire une IVG ou pas, mais c’est un droit et c’est important de s’en souvenir et d’être fière de l’avoir !
  4. M

    Miettes de vie 11 Mar 2016 - 11:31 Répondre

    Il y a 11 ans aussi j’ai décidé d’avorter … Et la personne qui a été la pour me soutenir le plus, en dehors du chéri, et qui m’a convaincu de faire cette démarche surtout, ce fut ma grand mère. Une personne d’une autre époque, ou dans son temps a elle se faire avorter était impossible .. Enfin médicalement parlant .. Et pourtant c’est elle qui m’a conseillé, rassuré … Je n’aurai jamais pensé.

    Cet enfant je ne pouvais pas l’avoir, du moins pas a ce moment la. Cela faisait à peine 6 mois que j’étais avec l’homme, il était sur ses études a paris, moi je travaillais à toulouse. Dans ces conditions, ce n’était pas possible… 10 ans après, il y a 6 mois, on a eu notre premier. Un accident ! Mais un joli accident 😀 Qui maintenant peut avoir toute l’attention qu’il souhaite, et surtout avoir 2 parents présents au meme endroit et qui on su grandir avec le temps.

    J’y pense encore de temps en temps mais bon c’est une période que je ne souhaite à personne. De prendre cette décision, ne se prend pas à la légère et ce n’est pas comme changer de chemise. C’est dur.

    • J

      Joana 11 Mar 2016 - 12:02

      BIG UP à ta grand-mère ! C’est vrai qu’à l’époque de nos grand-parents l’avortement était interdit mais se passait quand même… Et pas toujours de manière très jolie. Enfin quand même, d’être la pour toi comme ça, elle doit être un peu avant-gardiste ! Dans tous les cas, je vois que ton histoire est très similaire à la mienne, et toi aussi tu as fini par avoir des enfants avec cet homme, le moment venu. Merci pour ton témoignage ! Il fait qu’on arrête de se cacher ! 😉
  5. E

    Elise 14 Mar 2016 - 7:41 Répondre

    J’ai bien aimé cet article, et je comprends bien qu’il s’agit d’un cas personel. Pour beaucoup, comme Eva, ça se passe très bien et on n’en a aucun regret. L’avortement n’est pas forcément une blessure psychique. A force de le repeter aux femmes, ça peut le devenir! J’ai vu passer un excellent blogue, jevaisbienmerci (je crois) qui regroupe les avortements pas du tout traumatisants. Pour ma part, j’ai avorté, je ne l’ai jamais regretté, et la seule chose qui m’a irrité à mort c’est le rdv avec le psychologue et la semaine de reflexion. Ça m’a fait dépasser le delai pour une ivg medicamenteuse parce que notre pays patriarche et retrograde ne pense pas qu’une femme puisse faire une decision informée.
    • J

      Joana 14 Mar 2016 - 9:11

      Oh punaise. Mais oui. La semaine de réflexion !!! J’avais complètement oublié. Tout à fait d’accord, c’est n’importe quoi. Pour moi, j’ai pu faire l’IVG médicamenteuse malgré tout, mais ma Gynéco me dit qu’elle ne me ferait pas attendre une semaine, qu’elle voyait que c’était ce que je voulais, donc elle m’a donné un rdv rapide pour la prise de médicaments. Sauf que venu le jour J, elle me dit qu’elle pense que je suis en train de faire une fausse couche et me fait attendre 2 jours de plus. Malheureusement, autant j’étais prête le premier coup, autant j’avais pas envie de la fausse couche, bizarrement ou pas. Bref, finalement pas de fausse couche, j’étais fière, va savoir pourquoi, mais du coup faire l’IVG était devenu difficile. Aujourd’hui je ne comprends toujours pas pourquoi elle ne m’a pas filé ce fichu médicament la première fois. Peut-être pour respecter tout de même la semaine de réflexion ? Bref, ca m’a pas plu. Merci beaucoup pour l’adresse du blog, je m’en vais jeter un œil de ce pas, c’est une EXCELLENTE initiative.
  6. Le retour de couches, et de la contraception – Baby Factory
  7. L

    Loïs 09 Avr 2016 - 9:02 Répondre

    Je ne veux pas lancer de débat ou de critique, pour moi chaque femme doit avoir le choix. Mais personnellement je considère cet embryon comme un être humain, et je n’aurais pas pu faire le choix de l’avortement. Je suis bien consciente que, comme dit dans les commentaires, chaque situation est différente 🙂
    Je voulais réagir pour dire que je ne suis pas forcément d’accord avec toi, parce que c’est bien aussi d’avoir tous les avis (même si au début je ne pensais pas écrire ce commentaire vu qu’il n’allait pas dans le sens de l’article). Mais je trouve ça aussi chouette de pouvoir discuter sans jugement 🙂
    • J

      Joana 11 Avr 2016 - 9:35

      Je suis super contente que tu m’aies donne ton avis à toi, même s’il ne va pas dans le même sens que l’article. Alors tout d’abord, je ne suis pas pro-avortement, je suis pro-choix. Autrement dit, quiconque n’arrive pas à séparer l’embryon de l’idée de la personne qu’il deviendrait et pour cette raison, ne souhaite pas avorter, TRÈS BIEN (j’ai écrit tout ça, mais franchement, même si scientifiquement et objectivement on ne devrait pas faire l’amalgame, c’est dur). Ce qui me dérange, c’est d’avoir ce point de vue-là, et de vouloir que tout le monde ait le même. Et au passage de vouloir faire passer des lois pour que tout le monde suive ce point de vue ! Moi je ne veux pas faire passer de loi pour forcer les gens à avorter, je veux que chacun puisse avoir son avis et décide pour SA situation, en connaissance de cause.
      Bref, une longue tirade pour expliquer un peu la prise de position de cet article. Je respecte tout à fait que ça ne soit pas la vision de tout le monde, seulement, je pense que les gens ayant la même vision que moi manquent de voix, et de témoignages. Je pense aussi que ce manque peut faire que des personnes pensant comme moi prennent une décision qui ne soit pas la bonne pour elles, écrasées par les arguments et le jugement de ceux qui s’appellent « pro-life » (moi aussi, je suis pro-life, juste, je préfère donner priorité à celle que je vois), d’où l’article.
      Et on peut continuer à discuter si tu veux !
  8. D

    DEVAUX 09 Avr 2016 - 11:59 Répondre

    Après avoir lu l’article et les commentaires, j’ai envie de partagé mon histoire. J’ai jamais eu l’occasion d’en parlé. Il y a 4 ans j’ai eu recours à un IVG. Je venais de réussir mon concours et ma vie professionnelle prenait un tournant, ce que j’attendais depuis longtemps. J’étais à quelques mois de m’engager pour trois ans d’études et toutes fière de moi. Je profité donc de la vie, je voyageais, je travaillais beaucoup et je sortais aussi beaucoup. Je profité avant d’avoir des contraintes professionnelles. Puis lors d’un voyage je me sentais fatiguais, nauséeuse envie de rien enfin toute bizarre. De retour chez moi je me suis rendu à la pharmacie et le test c’est révélé positif. Et à ce moment là j’ai eu l’impression que le monde me tombé dessus, que tout s’écroulé autour de moi. C’était une évidence pour moi de pas poursuivre cette grossesse. Ce n’était pas du tout le moment. Autour de moi plusieurs copines enceintes…difficile de parlé d’IVG…J’ai pas vraiment été entouré mais je les fais ou je les fais seule. L’homme concerné m’a trouvé égoïste il voulait construire une vie …Il m’a accompagné pour faire l’échographie de datation cela était difficile mais ma décision était prise. Je ne faisais pas une échographie pour poursuivre cette grossesse mais pour avoir une date précise. J’ai du faire plusieurs services pour obtenir un rendez vous rapidement. J’avais dix jours devant moi . Le jour J un autre ami m’a accompagné et tous mes symptômes ont disparu à la fin de cette fameuse journée. C’est une journée qui reste dans mes souvenirs, j’ai pas rencontré de psychologue par la suite. Actuellement je suis avec quelqu’un qui ne peu pas avoir d’enfants …
    • J

      Joana 11 Avr 2016 - 9:44

      Hey, merci de t’ouvrir à nous sur un sujet si sensible ! Cet article a eu énormément de visites, mais très peu de commentaires. Et je le comprends, ça touche à notre intimité la plus profonde, donc tout d’abord : MERCI. Je ne sais pas ce que tu penses de ta décision, je vois que tu écris : « Actuellement je suis avec quelqu’un qui ne peu pas avoir d’enfants … », et du coup je me demande si c’est quelque chose que tu regrettes ? De la manière dont je le vois, si tu n’avais pas fait cette IVG, tu n’aurais sans doute pas continué ta vie comme tu le souhaitais et tu ne serais peut-être pas avec cette personne qui te rend heureuse. Peut-être encore, même remplie d’amour pour lui, tu en voudrais à cet enfant de t’avoir privée de la vie que tu voulais pour toi. Si tu ne te sens pas bien, je te conseille vivement de voir un-e psychologue ! Courage !!
  9. S

    Sanqueliot 20 Avr 2016 - 11:22 Répondre

    Bonjour,
    Je tenais également à réagir à vos propos,tous aussi intéressants les uns que les autres.Chacune d’entre nous a vécu cette expérience avec sa propre sensibilité et je trouve cela génial de pouvoir en discuter aussi librement d’autant plus que malgré ce que l’on pense,cela reste un sujet tabou.En Ce qui me concerne j’ai subi une IVG avant hier à 2 mois de grossesse. J’ai 2 beaux enfants dont le dernier qui a 18 mois…pour ma part,cela fait des années que nous utilisons des préservatifs avec mon conjoint et jamais d’accidents…sauf cette fois,et malgré la pilule du lendemain,la grossesse est arrivee. Cet enfant n’était pas désiré…mais il est vrai que l’imaginer comme un être vivant m’a été très difficile,ayant 2 enfants je le projetais comme le petit dernier, alors que nous n’en voulions pas pour de multiples raison.Bref la décision prise,j’ai rencontré un personnel compétent,empathique,vraiment professionnel et cela m’a permis de déculpabiliser même si au fond de moi je savais que je detruisais une vie.Pour ma part,le seul moment où j’ai craqué c’est quand j’ai vu le vide sur l’échographie,l’adieu a eu lieu à ce moment,je lui ai demandé pardon. Puis mes 2 amours m’attendaient,eux,bien vivants,à la maison.La vie reprenait son chemin.
    • J

      Joana 21 Avr 2016 - 10:03

      Merci, c’était bien l’idée de cet article, de pouvoir parler de ça librement et sans se sentir jugée. Je suis admirative, je sais combien avorter est difficile et quand ça m’est arrivée, j’étais plus jeune, je sortais d’une longue relation et j’avais toutes les raisons du monde de faire le choix que j’ai fait. J’imagine qu’avec deux enfants déjà, le sentiment est plus compliqué. Je suis heureuse aussi de voir que tu a été bien entourée et soutenue, ça change tout ! Pour ce qui est du moment où on réalise ce qui est en train de se passer, il est forcément un peu différent pour tout le monde, mais je pense qu’il y en a forcément un. J’imagine très bien ce moment à l’échographie, où il n’y a plus rien, et j’en ai la chair de pour le pour toi. Cela dit, je suis sûre que tu as pris la bonne décision, pour toi, ton couple, et tes enfants dont tu vas pouvoir t’occuper comme tu l’entends. De toute façon, si tu as fait ce choix qui est si difficile, c’est que c’est le bon, FORCÉMENT ! Bravo, et courage pour la suite.
  10. E

    Ebea 03 Juil 2017 - 4:50 Répondre

    Je viens de repenser à cet article… 3 jours après avoir appris cette grossesse.
    Ce vendredi 30 juin, jour de la mort de Mme Veil (tu parles d’une coïncidence), je fais pipi sur ce bâton, le résultat, au fond de moi je le connais, mais j’espère tellement fort m’être plantée. Bah non, je me connais bien, je suis enceinte, je ne sais absolument pas de combien, je ne peux pas le savoir. Mon petit dernier à 6 mois, et mon cycle n’a toujours pas décidé de rentrer dans l’ordre.
    Me voilà donc enceinte… et surtout en larmes !
    Je ne rentrerai pas dans les détails, mais notre situation ne nous permet pas de poursuivre cette aventure. Nous avons 3 enfants, de bons gros souci financiers.
    Je suis horriblement meurtris par cette situation, je m’en veux terriblement de ce manque d’attention qui me fait me retrouver dans une situation que je ne gère absolument pas.
    Je n’arrive pas à me faire à l’idée d’une IVG… et pourtant il le faut.
    Je viens de passer 3 jours à pleurer, tout me rappelle à cette grossesse, j’allume la télé et je tombe sur Baby boom, j’écoute les infos et j’entends les récits de Simone Veil sur son combat pour les femmes.
    Aujourd’hui, je n’ai pas encore pris l’initiative d’appeler le planning familial, je n’y arrive pas. Dans ma tête, il me semble au delà de mes forces de stopper ce petit coeur pour ensuite le jeter à la poubelle (c’est l’image que je m’en fais…).
    Aujourd’hui, je n’ai jamais autant espérer faire une fausse couche, afin de ne pas avoir de décision à prendre.
    Mère Nature, si tu m’entends !!!
    • J

      Joana 04 Juil 2017 - 9:50

      quelle peine de lire ton récit !… Et comme je te comprends. Quand ça m’est arrivé j’étais « jeune », mon couple était tout frais, et je n’avais encore jamais eu d’enfant. J’ai déjà pensé plusieurs fois que la situation serait tellement différente aujourd’hui, maintenant qu’on est une famille, maintenant que je sais ce qu’il y a au bout de ces neuf mois.
      Je ne sais pas quoi te dire. Il y a peut-être des associations que tu peux appeler, juste pour des infos, sans que ça ne t’engage à rien ? IVG.net ? Tu connais une sage-femme ou gynéco dont tu es proche ?
      Personne ne pourra prendre la décision à votre place, personne ne pourra vous faire revenir en arrière pour annuler cette grossesse… Je crois que s’il y a une chose dans cet article qui est vraie, c’est « Il n’y a pas de solution miracle, il y un choix à faire entre deux options pourries, avec l’espoir que l’une te semble un peu moins rebutante que l’autre. » Bref, la décision sera dure quelle qu’elle soit… essaye peut-être de penser à long terme : sauras-tu vivre avec l’idée d’avoir avorté (et non, on ne sort pas un bébé pour le mettre à la poubelle ; dans mon cas c’était de grosses règles et je n’ai même pas vu « l’oeuf ») ? Saurez-vous accueillir une nouvelle petite personne sans éreinter votre équilibre familial ?
      N’hésite pas à repasser par ici pour la suite de tes réflexions. Bon courage.
    • E

      Ebea 17 Juil 2017 - 11:54

      Merci pour ton message et tes encouragements. Cela fait presque 3 semaines que nous avons appris la nouvelle (j’ai l’impression que ça fait déjà une éternité) et il m’a fallu beaucoup beaucoup de courage et de larmes pour prendre rendez-vous avec le centre de planification. Nous y avons été il y a 5 jours avec mon mari. Je ne me voyais pas affronter ça toute seule. J’avais très peur, peur de ce que j’allais entendre, de ce qu’on allais pensais de moi, peur d’être jugée. Même si cette matinée fut une véritable épreuve (pour mon mari aussi), nous avons été pris en charge par une équipe formidable, à l’écoute et absolument pas moralisatrice. Notre décision, en allant là-bas, n’était pas prise. J’avais besoin avant de savoir. De connaitre le terme de cette grossesse, de savoir si s’était évolutif et besoin de parler. J’ai parler et beaucoup pleurer, mon mari aussi. Tout à commencer dès le secrétariat, la personne que j’ai en face rempli ces documents tout à fait machinalement (elle a tellement l’habitude) et subitement elle s’aperçoit que je ne vais pas bien, il a juste fallu qu’elle me demande si ça allait pour que je m’effondre. Elle me dit que tout va bien et que ce n’est pas grave (pour moi c’est un drame, mais bon…). Nous voyons ensuite la psychologue qui entame le dossier, elle voit bien que rien ne va, on parle, on pleure, on sort des choses que l’on n’arrivais pas à dire avant, mon mari prend conscience de ce que je suis en train de vivre, de ma peur de l’abandon (je suis terrorisée à l’idée qu’il parte) et moi je me rends compte qu’il se sent aussi concerné, que cela le touche et qu’il est là, tout simplement. Je lui avoue que je pense ne pas avoir la force d’aller au bout, je ne sais pas comment me remettre de cela et j’ai peur de lui en vouloir si on programme cet IVG (même l’écrire me fait mal). Je suis dans le ressenti, je me sens capable d’accueillir ce petit bébé. Mon mari, il est plus terre-à-terre, il voit le côté matériel des choses, il sait que nous aurons beaucoup de difficultés à nous en sortir. Nous ressortons de cet entretien plus léger mais toujours indécis. C’est au tour de la gynéco de nous recevoir. Elle est là pour faire son examens et son écho. J’ai non seulement besoin de connaitre le terme mais aussi… de le voir. Elle me dit qu’en général, ils ne montrent rien pour éviter de blesser les femmes… Peu importe, j’exige de le voir… Mon mari est présent, il me sert fort la main, je tremble et pleure encore. Nous l’apercevons réellement, il est là, et il « évolue » normalement. Nous n’entendrons pas son coeur mais il bat déjà. j’en suis à 8 ou 9 SA. Nous repartirons de cet examens avec toutes les infos techniques et les dates limites à la pratique de l’IVG. Elle me conseille, à ce stade, la technique instrumentale sous anesthésie. Puis vient le dernier entretien avec l’infirmière, une simple prise de sang m’a-t-on dit, sauf que pour être bien sûr que j’ai bien tout compris, on relis ensemble mon dossier… et je pleure encore !
      Nous repartons de cette matinée complètement exténué (j’ai fais une sieste de 3h dans l’après-midi !), nous avons un peu de temps pour penser et prendre notre décision… à ce jour, je ne sais toujours pas ce qu’il va se passer. En rentrant, j’ai poser sur un meuble la brochure du centre, je ne l’ai toujours pas regardée, ouverte, touchée.
      Je pense que cette semaine sera décisive. Je repasserai par là pour donner des nouvelles (c’est idiot, mais c’est le seul endroit où je peux en parler ouvertement, personne n’est au courant). encore merci
    • J

      Juliette 17 Juil 2017 - 6:24

      moi je n’y connais rien. Je veux dire que perdre un fœtus, je connais très bien, mais avoir le choix, pas du tout. Alors je te lis sans tout comprendre, mais je vois deux choses fondamentales : la présence et le soutien de ton mari, et ta « prise en main » de la situation. Tu fais ce qu’il y a à faire pour prendre la meilleure décision, et qu’elle quelle soit finalement, elle sera la bonne pour toi.
      Ce n’est pas facile, mais tu es bien plus courageuse que tu le crois !
      Courage.
    • J

      Joana 18 Juil 2017 - 12:32

      beaucoup d’émotions en te lisant… Je n’ose pas imaginer ce que tu vis en ce moment. Beaucoup BEAUCOUP de force à toi et ton homme. Je suis contente que tu te sentes bien, cela dit, de venir en parler ici, et n’hésite pas à revenir autant de fois que tu en as besoin, GROS bisou. Tu es super.
    • E

      Ebea 20 Juil 2017 - 11:22

      Nous voilà 8 jours après notre rendez-vous au centre de planification.
      J’ai appelé la secrétaire aujourd’hui… afin de pouvoir récupérer mon dossier et le transférer vers de service de maternité.
      Nous avons pris la décision de poursuivre cette grossesse, à deux, sans regret.
      Cela reste une décision très difficile, j’espère très sincèrement ne jamais avoir à repasser par là (la question d’une bonne contraception se posera après).
      Maintenant mes angoisses se portent sur l’annonce aux proches. J’ai peur des réactions, déjà pour un 3eme nous avons essuyé quelques réflexions mal placées, alors pour un 4eme et en plus si proche du 3eme… On verra !
      Moment bonheur : Ce matin, pour la première fois, mon mari a posé sa main sur cette petite boule naissante en bas de mon ventre (7semaines, 4eme bébé, mon dieu que ça sort vite !).
      Merci pour votre écoute, ça fait du bien…
    • J

      Juliette 20 Juil 2017 - 3:14

      Je ne sais pas si ce sont les bons mots mais voilà : je suis très contente pour vous ! Non pas qu’il y aurait eu un choix plus mauvais que l’autre, mais le ton de ton message laisse entendre que tu es soulagée et confiante dans ton choix. Alors maintenant, il ne te reste qu’à profiter pleinement de votre bonheur !
      Et pour les proches… ben si quelqu’un te fais une réflexion, souris et laisse dire, on s’en fout !

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