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Mes insécurités ne seront pas celles de ma merveille. Promis.

7 réponses • 7 min • • 02 Août 2016

En matière d’éducation, je ne me pose pas trop de question avant d’être face à face avec un souci. Je n’ai jamais lu le moindre livre sur le sujet et je n’aime pas trop qu’on me parle de « méthode », de « technique » ou de « courant ». Pour moi, l’éducation se fait sur la base de la personne qu’est ton enfant, et de la personne que tu es. Je fuis les effets de mode et je tente, aussi laborieusement que cela peut l’être pour n’importe lequel d’entre nous. Je suis convaincue qu’on ne fait bien qu’en faisant en fonction de son enfant et que les méthodes « à la mode » ne sont pas toujours adaptées à tous les enfants, et encore moins à tous les parents.

Et l’éducation que nous allons décider de donner passe en grande partie par l’éducation que l’on a soi-même reçue. Du moins, il me semble. On y pioche ce qui nous a rendus heureux, on rejette ce qui ne nous plait pas.

Je crois qu’en tant que parent, on cherche notamment à ne pas transmettre à notre enfant ce qui nous entrave, nous.

Un bon psy dirait « nos insécurités ».

Selon les personnes, ces insécurités sont plus ou moins grandes, plus ou moins importantes aussi.

Par exemple, tu peux avoir eu des parents qui ne t’ont pas encouragé du tout, jamais, tu as beaucoup entendu que tu n’étais pas au top, et du coup, adulte, ta confiance en toi approche le degré 0. Il est légitime de vouloir éviter de reproduire ce schéma avec ton précieux, et d’y attacher une attention particulière.

Ça peut aussi être quelque chose de moins vital, comme de regretter de ne pas avoir commencé la danse classique (si, comme moi, tes parents t’ont inscrit, acheté un superbe body rose et des chaussons, que ta mamie s’est dévouée pour t’y accompagner le mercredi et que tu as tellement pleuré que les dames du cours de danse ont renoncé, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même, on est bien d’accord) (oui, j’étais une emmerdeuse) (non, plus maintenant). Bref, si tu regrettes de ne pas avoir pratiqué de sport, d’instrument de musique ou de n’être jamais allé en Finlande, il y a de fortes chances que tu tentes de permettre à ta merveille de ne pas avoir le même regret que toi.

Contrairement à ce qu’on entend parfois, éduquer son enfant en tenant compte de sa propre situation ne me paraît ni malsain, ni inutile.

Je comprends.

Pour ma part, mes regrets sont surtout des trucs un peu futiles, genre la danse classique. Rien de fou. L’éducation qui m’a été donnée m’a permis d’être une grande personne équilibrée (et merveilleuse bien sûr).

Toutefois, il y a une petite chose qui m’embête un peu et qui ne vient pas de mes parents mais plutôt de notre société en général et de l’école en particulier.

J’ai un rapport « affectif » à la hiérarchie.

Tu sais, quand ton chef te fait une réflexion et qu’inévitablement, dans un tout petit recoin de ta tête, tu te dis qu’il ne t’aime pas. Cette volonté de plaire, d’être aimé, ou, en tout cas, pas rejeté. De vouloir faire plaisir à la maîtresse, en fait.

Alors qu’en vrai, on devrait tous être beaucoup plus binaires : soit j’ai fait une erreur et on répare, soit sa réflexion est infondée et on s’explique. Il ne devrait pas être question d’affect sans arrêt. Mais voilà, comme beaucoup (trop) de personnes, moi j’en mets partout. Et ça, c’est mauvais parce que du coup une simple réflexion prend des proportions insoupçonnées à la base.

Et s’il y a une chose que j’aimerais éviter à Petite Chérie, c’est cette espèce d’enchaînement qui te fait perdre en confiance et en indépendance.

Alors j’ai rapidement établi un plan de bataille pour que ma fille à moi se moque de savoir si ses instit’ ou ses chefs l’aiment ou non. Pour qu’elle se contente de s’aimer elle et qu’elle soit elle-même juge de son travail.

Comment on fait ça ?

Et bien on retire l’affectif de tout ce qui ne concerne pas l’affectif ! Autrement dit, je ne lui demande jamais de me faire plaisir, sauf quand je réclame un bisou d’amour, mais là c’est pas pareil, c’est une question de vie ou de mort et on déconne pas avec ça.

Donc si elle mange correctement, ou si elle demande pour aller aux toilettes, ou si elle range ses jouets, je la félicite, lui confirme qu’elle est « une grande » et qu’ELLE peut être très fière d’elle. Mais je m’efforce de ne jamais lui dire qu’elle me fait plaisir pour ce genre de choses. Simplement parce que, même si, évidemment, je me liquéfie de fierté, ce sont des choses qu’elle doit faire pour elle. Pas pour me faire plaisir.

On ne devrait pas faire les choses dans le seul but de faire plaisir aux autres. Un enfant doit apprendre à faire les choses pour lui, et seulement pour lui.

On ne dit jamais à Petite Chérie qu’elle est « gentille » ou « méchante ». Et on ne la remercie pas pour une couche propre ou une main tenue dans la rue. Les termes affectifs ne devraient rien avoir à faire avec ce type de comportements.

Rassure toi, je lui dis régulièrement à quel point je suis fière d’être sa maman, et à quel point elle est parfaite, juste, je ne rattache pas mes compliments à un comportement qui est celui qu’on attend d’elle. En gros : manger, dormir, être propre et polie, ce sont des choses normales. En revanche, me faire un bisou quand j’ai mal quelque part, m’aider à chercher un truc que je ne trouve pas, ou n’importe quelle petite attention du quotidien, ça, ce sont des choses qui méritent bien d’en faire tout un plat !

Est-ce que ça marche ?

Je ne sais pas encore. Petite Chérie est très indépendante et très volontaire, pour le moment j’aurais tendance à dire que ça fonctionne, mais elle est si jeune que ce n’est pas très probant. J’imagine qu’il faudra voir quand elle sera à l’école élémentaire quel sera son comportement face aux notes et aux remarques des instituteurs.

Et puis c’est une lutte contre la société qui institutionnalise énormément l’affectif : quand un chef te dit qu’il est déçu ou quand tu regardes le nombre de like sous ta photo Facebook, ça, ce sont des trucs qui ne devraient pas compter. Ton chef n’a pas à être déçu : on parle boulot, c’est bien fait ou c’est mal fait, point. Le nombre de like, si toi tu aimes ta photo, est-ce que ça compte, en vrai ? Est-ce que si ton voisin ne like pas ta photo, ça signifie qu’il ne t’aime pas, toi ? Et s’il ne t’aime pas, est-ce que c’est important ?

On a plus qu’à attendre patiemment de voir si notre tactique fonctionne et si notre fille saura réellement prendre les choses pur ce qu’elles sont, sans « oh mon dieu personne ne m’aime ! ».

Ce dont je suis très, très, très curieuse, c’est de savoir ce que tu as retenu de ton éducation à toi, et, surtout, ce que tu veux à tout prix éviter de transmettre à tes merveilles… (la prochaine fois que j’aborde le sujet, c’est pour te dire quels parents on veut être, et ce sera plus fun !).

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02 Août 2016

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Réactions

  1. M

    Maud DST 02 Août 2016 - 2:49 Répondre

    Ho punaise je réalise en lisant ton article que j’ai une grosse tendance à dire à ma fille que je suis contente et fière d’elle pour des comportements qui ne s’y prêtent pas…:-/ Arf ! Je serai plus vigilante à l’avenir !
    • J

      Juliette 02 Août 2016 - 3:48

      Ah mais chacun fait en fonction de lui hein ! Moi je trouve que c’est ça le truc le plus ennuyeux pour moi, et j’essaie de ne pas le transmettre à ma fille, mais chacun est libre de choisir ses combats ! Je ne blâme surtout personne de faire autrement !
  2. E

    Elodie 30 Août 2016 - 3:54 Répondre

    Mon bébé vient de naître et il y a deux choses que je voudrais éviter de lui transmette :
    Mes angoisses de fille trop perfectionniste. Je me mets une pression monstre pour tout, y compris la maternité comme s’il fallait que j’ai une bonne note à chaque fois. Pourtant là, pas de note à la clé, juste ce bébé comme indicateur, le seul juge c’est elle et pourtant je semble faire comme si quelqu’un était sur mon épaule à scruter chacun de mes gestes, à attendre une erreur.

    Ensuite j’aimerais éviter de la complimenter trop sur sa beauté. Je m’explique: à cet âge (2 semaines), tout ce que je sais de ma fille c’est qu’elle est belle, le reste de sa personnalité est encore à découvrir. Alors pour l’instant on parle beaucoup de son physique. J’aimerais lui apprendre l’essentiel n’est pas son apparence physique. Pour qu’elle apprenne qu’être une fille c’est bien plus que cette injonction de la beauté, qu’elle sache qu’elle peut être désignée autrement.

    • J

      Juliette 30 Août 2016 - 10:09

      Tu vois je me retrouve dans ton commentaire. On ne vise pas les mêmes choses mais on se rejoint sur notre volonté de transmettre des trucs qui nous semblent essentiels. L’idée c’est de lever, pour nos enfants, ce qui peut nous freiner nous.
      Bon, sur la beauté, je suis certaine que ta merveille est magnifique et je pense que tu peux tout à fait lui dire qu’elle est la plus belle toute sa vie tout en lui transmettant également la valeur du reste (d’autant qu’honnêtement, tu la trouveras toujours superbe, on va pas se mentir) !
      Je trouve ton programme au top et j’espère que tu vas très vite t’échapper toi aussi de cette fichue pression qu’on se colle sur les épaules. Regarde ta bébé, elle va bien, elle est trop parfaite, c’est donc que tu fais tout bien. Et si tu te plantes, tu viens nous le dire et on sera là pour te raconter nos plantages à nous !
  3. I

    Illiade 02 Sep 2016 - 3:28 Répondre

    Lol, et moi je voulais être sûre que mon bébé se sente beau parce que quand je revoie mes photos de petite fille, je me demande pourquoi j’avais une si mauvaise image de moi ;D Ca vous fait ça aussi, revoir des photos 10-20 ans après et vous dire « j’étais pas si grosse en fait » ?

    Ca me fait penser à cette théorie des 5 messages généraux transmis pendant l’enfance : sois fort, sois parfait, fait plaisir, dépêche toi et fais des efforts. Impossible d’échapper à cette transmission, mais ce qu’il faut aussi retenir c’est que chaque défaut a ses qualités (et inversement…).
    Juliette, si tu ne mettais pas de l’affect un peu partout tu serais moins touchée par le regard des autres, mais peut-être que tu serais moins attentive au bien-être de ton entourage, que sur certaines choses auxquelles on t’a poussé tu n’aurais pas progressé, que tu n’aurais pas été si proche de personne qui t’apprécient pour ce coté de ta personnalité, ou que ton intégration ou évolution professionnelle n’aurait pas été la même.
    Et surtout on n’aurait peut-être pas ce blog, et ça ce serait bien dommage !!!! 😉
    Bonne journée !

    • J

      Juliette 02 Sep 2016 - 8:19

      Je t’aime.
      Ah pardon, il paraît qu’on ne dit pas ca ! Mais quand même ton commentaire est top ! Je suis d’accord avec tout !
  4. I

    Illiade 02 Sep 2016 - 9:16 Répondre

    Lol, l’affect ! 😀 Je dois marcher pareil parce que ça me va droit au coeur, merci !

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