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La fausse couche précoce, ta déception et le reste

5 réponses • 5 min • • 25 Mai 2017

[Attention : dans ce article, je te parle de l’expérience d’une fausse couche très précoce, un truc qui aurait limite pu passer inaperçu, presque. Les fausses couches qui arrivent plus tard, voire beaucoup plus tard, c’est une toute autre histoire… tout ça pour dire que ce qui n’est pas trop dramatique à 48 h de grossesse, c’est un monde qui peut s’écrouler quand ça arrive plus tard. Article à lire dans son contexte, quoi !]

Les fausses couches, je sais ce que c’est. En même temps, après tout le reste, il me fallait bien aller au bout de mon expérimentation. Alors j’ai coché cette case aussi.

J’étais encore suivie à l’hôpital quand j’ai vu que j’avais un peu de retard. Quand tu as déjà fait une grossesse extra-utérine (GEU), il est important d’être suivie le plus tôt possible lors de tes futures grossesses pour s’assurer que l’expérience GEU ne se renouvelle pas. Donc j’ai sauté sur un test de grossesse. Positif. On est bien contents. Moi je pleurniche même un peu. Je passe voir le médecin avant d’aller travailler et le lendemain je file au laboratoire pour une prise de sang. En fin de journée, le labo (qui m’a vue toutes les semaines pendant les 3 derniers mois et donc qui me connaît bien) me passe un petit coup de fil : « bonjour, on vient de recevoir vos résultats et il faudrait que vous retourniez voir votre médecin… ».

Les filles du labo sont sympas, douces et agréables.

Elles m’expliquent qu’elles ne devraient pas me le dire mais que mon taux d’hormones de grossesse est trop bas pour que la grossesse se déroule normalement, elles pensent à une fausse couche. Ces voix douces et compatissantes ont beaucoup aidé à faire passer l’information. C’est bête, hein, comme parfois il en faut peu pour t’aider…

Le soir même, je rentre du bureau, je passe voir le médecin qui confirme. Pour lui c’est une bonne nouvelle puisque cela signifie que malgré la GEU et une intervention chirurgicale sur l’une des trompes, une grossesse est encore possible.

Je rentre à la maison et je ne suis plus enceinte. Alors que 48 heures avant je pleurnichais de joie, cette fois, je pleure de vraies larmes de déception. Des larmes de fatigue de ces derniers mois si lourds, des larmes de frustration devant ce qui me semble si injuste, des larmes de découragement devant ce bébé qui me semble devenu inatteignable.

Et aussi, des larmes de solitude.

Parce que personne ne peut vivre pour toi ces moments-là. Aussi soutenue sois-tu par tes proches, tes amies, ton poisson rouge, tu vis ces difficultés seule : c’est ton corps à toi qui n’a pas fait le job, c’est toi qui n’est pas maman. Et cette déception est un coup sur la tête.

Et le lendemain, je me suis levée plus légère. Avec le recul qui fait oublier la déceptio, surtout. Ce matin j’ai décidé que ce n’était pas grave et que j’irais bien.

Et tout a bien été.

Autant la GEU, c’est mon exploit personnel, cette épreuve que tu traverses et qui te rend plus forte, et dont je parle facilement, autant, la fausse couche, j’en parle très peu. Ça n’a pas été, pour moi, quelque chose de terrible. La fausse couche, pour moi, ne compte presque pas. Peut-être parce que ça n’a pas de conséquences, peut-être parce que je pouvais retenter le mois d’après, peut-être parce que personne autour de moi n’en a fait tout un plat, et sans doute aussi parce que 48 heures d’espoir, ça peut s’effacer très vite.

Je crois que toutes les situations sont différentes : avoir vécu pire avant et avoir su très rapidement que la grossesse n’aboutirait pas ont rendu les choses plus simples à digérer. C’est différent quand c’est ta première grossesse et que tu es enceinte de 10 semaines et que tu t’es déjà pointée au Monop’ pour acheter un pyjama et un doudou, ou que c’est ta 15ème fausse couche. Ou quand il te faut l’aide de la médecine pour réparer cet incident de parcours.

Alors voilà : on a le droit d’être déçue et triste.

On a le droit de ne pas écouter les gens qui disent qu’une fausse couche c’est de toute façon une manière naturelle pour l’organisme d’évacuer un embryon qui n’est pas sain : même ça ce n’est pas juste et il est difficile d’admettre que cela puisse être « mieux comme ça ». Parce que là, tout de suite, il n’y a pas de bébé, pas de maman, juste le vide et la déception.

On a le droit de pleurer, de râler, d’être désagréable et même de baisser les bras. Mais il faut que tu aies ton matin à toi comme j’ai eu le mien.

Ce ne sera peut-être pas le matin juste après, mais très vite, il te faut ce matin où tu vas te lever et décider que tu vas reprendre le contrôle de la situation et que la déception sera digérée.

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25 Mai 2017

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Réactions

  1. M

    Mélanie 25 Mai 2017 - 1:48 Répondre

    Très belle leçon de vie en conclusion. D’une manière générale, trouver la force de reprendre le contrôle pour avancer, c’est de l’or que l’on puise au fond de nous même et il faut s’encourager à se donner cette force!

    Bravo pour ce bel écrit.

    • J

      Juliette 25 Mai 2017 - 1:57

      Devant les difficultés liées à la grossesse, il m’a semblé que les femmes deviennent plus fortes, plus courageuses. Je suis toujours sidérée de voir quelle obstination et quel courage elles peuvent mettre à surmonter les obstacles pour aller vers leur but. On est quand même des dures à cuire ! 😜
  2. M

    Mélie 22 Août 2017 - 11:16 Répondre

    La même à 5 SA.
    J’ai eu la chance d’avoir eu une discussion avec une psychologue quelques semaines plus tôt sur le « temps de la grossesse » et la perception du passage du temps qui a bie’ changé.
    J’ai pu alors me rappeler de cette dame qui disait que ça peut faire mal mais que ça ne doit pas être un effondrement comme on peut le voir parfois.
    Deux semaines c’est presque rien, une fausse couche c’est genre 1/4 et j’ai eu de la chance que ça arrive tôt. Alors deux jours de gros sanglots et puis j’ai eu mon matin. Celui où je réalise que la prochaine tentative est dans 15 jours, que si je veux des sushis c’est maintenant et que c’est un tout petit sursis.
    Depuis j’en ai parlé aux copines, en me disant que ça m’avait tellement aidé de savoir qu’on était pas obligé d’être effondrée. Beaucoup on eu du mal à me croire, mais celles à qui ça arrivera auront peut-être leur matin plus tôt, alors ça vaut le coup 🙂
    • J

      Juliette 23 Août 2017 - 10:14

      La question du recul sur les échecs relatifs à la procréation en général est une question qui m’intrigue beaucoup. Pour ma part j’ai eu à subir plusieurs échecs qui ne m’ont pas anéantie, alors que nombre de femmes peuvent témoigner de l’inverse.
      Si je parle d’avoir « son matin », c’est parce que je suis assez convaincue que le discours positif de l’entourage aide à percevoir les choses avec du recul : les fausses couches arrivent dans 15% des grossesse au cours du premier trimestre. Ce n’est pas juste, mais ce sont des choses qui arrivent. Et même, ma GEU, telle qu’elle s’est passée, arrive dans 2 grossesses pour 1000. C’est encore plus injuste, mais ce sont aussi des choses qui arrivent.
      Une personne proche m’a dit un jour : « laisse toi deux jours pour pleurer, et après vis ta vie ». Il n’y a aucun meilleur conseil que nous puisions nous donner.
  3. M

    Marie 23 Sep 2017 - 8:23 Répondre

    Merci pour votre témoignage. Je voulais préciser que les fausses couches autour du jour présumé des règles (quelques jours de retard), c’est 50%. Un oeuf fécondé sur 2 s’implante correctement et commence à se développer. Ces fausses couches passaient souvent inaperçues dans le temps car il n’y avait pas de tests si précoces.
    J’ai atterri sur ce site car je suis en train de faire ma 2e fausse couche très précoce (une en mai à même pas 3 semaines de grossesse et celle-ci a 4 semaines :/ apparemment la grossesse s’est arrêtée il y a 2 semaines environ juste apres une premiere echo ou j’avais pourtant vu et entendu le coeur battre ).
    Je vis cette 2e fausse couche plus mal que la 1ère.
    Deja pour moi cela s’inscrit dans un contexte particulier car j’ai perdu mes jumeaux l’an dernier suite à un accouchement prématuré à 24 sa (grossesse gémellaire donc à risque, probable intervention d’une infection…) Les médecins n’ont pas de réelle explication comme c’est souvent le cas.
    Je n’ai pas vraiment mal vecu la 1ère fausse couche tellement precoce, ou simplement comme une déception et j’ai du mal en effet à comprendre qu’on ait Deja l’impression à ce stade d’avoir perdu un bébé et que cela soit vecu comme un drame. mais il est vrai que cette 2e fausse couche, j’ai du mal….même si j’ai un chéri et un entourage merveilleux. Je pense que c’est à cause de la répétition et du contexte général. A la déception se mêle maintenant l’angoisse, l’angoisse que ca se répète encore, l’angoisse de ne pas comprendre, l’angoisse de ne jamais y arriver. Même si je me dis, bon c’est pas de chance mais statistiquement ça arrive… J’ai peur. Enfin je suis en plein dedans, j’espère que tous ces sentiments vont s’atténuer. Merci de m’avoir lu et bon courage à toutes celles qui traversent des moments difficiles, vous avez une force immense en vous, et des ressources insoupçonnées pour traverser les épreuves, soyez en persuadées 😉

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