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Une histoire de princesse qui attendait… (l’attente de la grossesse)

10 réponses • 6 min • • 06 Nov 2015

J’ai décidé de te parler de l’attente de la grossesse.

J’ai plein de copines qui ont stressé comme des malades parce que « ça ne venait pas ». Certaines ont attendu 6 mois, d’autres plusieurs années, d’autres encore ont cessé d’attendre ce qui n’arrivera pas. Certaines avaient des problèmes médicaux, d’autres pas. Ce que j’ai vu, c’est que pour toutes, c’était un drame. Et moi j’aime pas les drames, encore moins sur ces questions-là, alors je me suis dis qu’il fallait en parler.

Et comme je ne savais pas bien comment aborder le sujet, vu que je ne suis pas médecin et que je n’y connais rien , je me suis dit que j’allais tenter un petit texte court, juste pour leur dire qu’elles ne sont pas toutes seules.

Moi j’ai attendu plus d’une année. Et j’ai eu des espoirs déçus. J’ai pensé que ce n’était pas juste, que ça n’arrivait qu’à moi, que c’était grave aussi. Et puis j’ai choisi de remplir le vide « en attendant », et j’ai profité de cette année qui a été une des plus belles années de ma vie. Et puis, aussi, j’ai regardé autour de moi et j’ai vu qu’un an ce n’est rien. Que c’est peut-être notre société, où tout est immédiat, où tu manges avant d’avoir faim, où tes envies sont satisfaites en un clic, qui donne l’impression que c’est pareil pour tout. Je me suis sentie enfant gâtée d’avoir cru que mon bébé arriverait forcément quand moi je l’aurais décidé. Et finalement, je me suis sentie chanceuse d’avoir attendu pour une telle merveille, de pouvoir mesurer pleinement ce bonheur là.

Un jour on parlera des différentes situations qui génèrent l’attente, des petits soucis mécaniques à la vraie infertilité dramatique.

En attendant, approche-toi. Mère Castor va te raconter une histoire.

Il était une fois une magnifique princesse (tant qu’à faire) qui vivait dans un château avec son prince. Un jour le prince et la jolie princesse se mirent en tête, puisqu’ils étaient dans un conte de fées et qu’ils vivaient heureux, d’avoir beaucoup d’enfants.

Ils firent ce que l’on ne raconte pas dans les contes, mais rien ne vint.

Pourtant la princesse connaissait bien d’autres princesses pour qui le destin y avait été un peu plus rapido. Elle se dit qu’après avoir mangé une pomme empoisonnée, dormi 100 ans et porté une pantoufle de vair durant toute une soirée, ça commençait à faire beaucoup d’injustices.

Durant plusieurs mois le prince et la princesse continuèrent à y penser très fort mais toujours rien à l’horizon. Ils s’inquiétèrent et allèrent voir marraine-la-bonne-fée, accessoirement spécialisée dans ce genre de situation. Marraine-la-bonne-fée n’avait pas de potion magique à leur faire avaler et, les trouvant tous deux jeunes et beaux, leur recommanda de patienter encore.

En rentrant dans leur château, alors que le prince alla faire une promenade sur son beau cheval blanc, la princesse chercha une solution auprès de son miroir magique. Celui-ci fourmillait de mille avis contraires, plus alarmants les uns que les autres. En effet, plein de princesses laissaient des parchemins remplis de leurs aventures dans le miroir (genre comme internet quoi). Elle y trouva toutefois une idée qu’elle estima plus sérieuse que les autres.

C’est comme ça que la princesse se mit à guetter à la fenêtre pendant 4 jours tous les mois, en faisant bien attention de garder ses jambes en l’air.

Elle obligeait le prince à regarder par la fenêtre avec elle, et, lorsque les 4 jours étaient passés, il lui arrivait d’oublier qu’il était là.

Malheureusement, telle ma sœur Anne, elle ne vit rien venir.

Alors que le prince, bien qu’il espérait très fort la venue d’un petit héritier ou d’une petite héritière, trouvait facilement à occuper ses journée (les princes sont toujours occupés et on ne sait jamais ce qu’ils font d’ailleurs, vous avez remarqué ?) ; la princesse, elle, commençait à dépérir. Elle priait très fort durant toute la journée, en évitant de prendre le thé avec les princesses enceintes dont la simple vue lui brisait le moral en quinze, et, la nuit, il lui arrivait de pleurer tant l’attente lui était insupportable.

Plus le temps passait plus la princesse était malheureuse.

La princesse retourna voir marraine-la-bonne-fée.

Marraine-la bonne fée lui expliqua que la nature, parfois, prend son temps. Et que parfois aussi, elle est injuste, c’est vrai. Et que personne, ni elle, ni la méchante sorcière aux pouvoirs terrifiants, ne pourrait prédire ce qu’il arriverait.

Elle lui dit aussi qu’elle pourrait, si le temps ne faisait pas son œuvre, essayer de concocter quelques potions à la bave de libellules des marais. Mais alors il n’y aurait pas beaucoup de potions et elles ne fonctionneraient peut-être pas.

Mais ce qu’elle lui dit surtout, c’est de garder sa tristesse dans un coin, le plus loin possible de son cœur, et d’être heureuse quand même.

La princesse pleura encore quelques jours en pensant à ce que lui avait dit marraine-la-bonne-fée.

Puis elle prit la plus grande décision de sa vie. Ou en tout cas la plus difficile. Elle décida de vivre. De ne plus mettre sa vie sur pause en attendant. Elle fit de beaux voyages à travers le pays merveilleux avec son prince, elle dépensa ses sous dans de fabuleuses robes de bal, elle vécut des moments superbes.

La princesse a finalement eut beaucoup de chance, puisqu’un jour l’heureuse nouvelle lui parvint.

Je ne sais pas si la princesse aurait vécu heureuse éternellement, mais je sais que l’attente fût finalement heureuse, et c’est là le principal.

La morale de l’histoire, c’est que parfois les princesses n’ont pas besoin de sorcières, elles sont leur propre ennemi. Sans doute l’ennemi le plus difficile à combattre. Alors elles vont s’accrocher très fort et vivre leur vie à fond. Elles garderont au fond de leur petit cœur une douleur particulière qui ne partira pas, mais elles sauront de quel courage improbable elles sont capables.

Voilà pour ce petit billet, inutile et niais, mais qui rend un peu hommage à celles qui n’ont pas pu, ou qui ont attendu.

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06 Nov 2015

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Réactions

  1. F

    FOXKLER 06 Nov 2015 - 12:46 Répondre

    <3 <3 <3
    Je ne le trouve pas inutile ton billet ! il est très bien !
    Moi j'ai eu vraiment de la chance, mais c'est vrai que la tristesse doit être dure à contenir pour celles et ceux qui la vivent !
    • J

      Juliette 10 Nov 2015 - 9:54

      Je like ton commentaire !
  2. m

    mary 06 Nov 2015 - 11:07 Répondre

    C’est tout à fait ça!!! Ne pas s’emprisonner l’ esprit en faisant croire à ton corps que tu es enceinte, car du coup, tu ne l’es pas! Et laissez tomber l’ expression « ne pas y penser » mais comme tu dis justement, vivre…. Merci pour ce billet!
    • J

      Juliette 10 Nov 2015 - 9:55

      Annhhh !! Cette expression qu’ont les gens que te disent que tu y penses trop et que c’est pour ça que tu n’es pas enceinte ! Quelle horreur !
  3. L

    Lulu 07 Nov 2015 - 2:08 Répondre

    Superbe billet qui m’a émue aux larmes. Il fait dire que je connais bien cette attente, après être passée par 4 inséminations et 2 FIV…. Aujourd’hui maman comblée d’une poupette de 22 mois que j’aime tellement fort, on oublie l’attente et on profite à fond de tous les instants passés ensemble!
    • J

      Juliette 10 Nov 2015 - 10:00

      Exactement ! Quand on a la chance d’être enfin maman, chaque seconde paraît compter puissance mille ! Nos filles ont le même âge, j’imagine que nous profitons toutes les deux à fond de ces merveilles tant attendues !
  4. E

    Emma 07 Nov 2015 - 2:10 Répondre

    Superbe
  5. E

    Elodie 07 Nov 2015 - 2:12 Répondre

    Bravo pour éveil article et votre site
  6. J

    Julie 12 Déc 2015 - 6:56 Répondre

    Très bel article.
  7. L

    Loïs 10 Avr 2016 - 10:07 Répondre

    Il est trop mignon cet article !

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