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Quid du lait de croissance : boira, boira pas ?

4 réponses • 8 min • • 14 Juil 2015

Alors si tu es déjà maman tu sais : la manière dont tu choisis d’alimenter ton petit fait l’objet de polémiques. Que ce soit les sage-femmes, le pédiatre que tu auras choisi ou celui des autres, ta famille voire même tes amis, tout le monde semble avoir son avis sur la question. Et c’est généralement pas le même.

Tout commence par cette question très innocente (mais en fait pas du tout, sache-le, t’es catégorisée direct) : « Tu comptes allaiter ? »

Je préfère te prévenir, ça ne fait que commencer.

Pourquoi c’est si compliqué, je n’en sais rien. Mais aujourd’hui je viens te faire part de mes découvertes récentes en matière de lait de croissance. Cet article est donc susceptible de t’intéresser si ton enfant a autour de 1 an et s’alimente à peu près normalement. Il peut encore t’intéresser après — s’il n’a pas encore 3 ans en fait — et que tu n’as pas peur de remettre en question un fonctionnement que tu as adopté et qui te convient et à toi et à ton mini-toi.

Le lait de croissance, c’est le mal ?

C’est en tout cas ce qu’on m’avait dit à ma maternité. C’est une maternité qui a le label « Amis des bébés », attention. Ça signifie qu’ils sont pro-allaitement, pro-peau-à-peau et pro-tout-ce-qui-va-généralement-avec, et que quelqu’un qui s’y connaît est venu voir et a confirmé. En gros.

Un jour je suis allée à un cours de préparation à l’allaitement. Parmi toutes les questions qui se sont posées, il y a eu celle du sevrage et du passage au lait dit « de croissance ». Le sujet a vraisemblablement enflammé la dame, qui est allée jusqu’à nous recommander de choisir notre pédiatre sur le seul critère qu’il conseille la consommation de lait de croissance ou pas. Le critère étant « ou pas » selon elle. Je vais être honnête, je n’avais alors aucune idée de ce dont on parlait. Mais je me suis dit que ça devait être un sujet important et j’ai pris rigoureusement des notes, pour plus tard.

Et puis ça tombe bien, ça me permet de vous les retranscrire ici.

Selon elle, le principal intérêt du lait de croissance est l’apport qu’il peut fournir en fer, inutile si ton enfant mange bien et que tu lui donnes à manger des bonnes choses comme du boudin noir, du foie ou des rognons par exemple. Ce qu’elle lui reproche : le lait est connu pour inhiber l’absorption du fer par l’organisme, et donc pour assurer l’apport en fer promis, il en faut beaucoup. Vraiment beaucoup. Mais il se trouve que le fer, ça a mauvais goût, et que pour cacher ce mauvais goût, on y ajoute du sucre (trop) et des arômes de vanille. Miam.

Pour re-situer, j’étais en pleine grossesse, de celles où tu prends 3 kilos par mois entre le 4ème et le 7ème mois et ou on te sensibilise à ta (trop grande) consommation de sucres. Je le voyais partout ce fichu sucre : dans la baguette chaude et croquante du matin, dans les brochettes délicieuses de mon restaurant Japonais favori… Bref, c’était pour moi le mal, et j’avais commencé à penser qu’on était tous une bande de mal-bouffeurs, même sans aller forcément au MacDo une fois par semaine. Alors quand on m’a dit que j’allais sans doute également empoisonner mon enfant sous l’œil avisé de certains professionnels de la petite enfance, mes poils se sont hérissés sur ma peau tendue de femme enceinte. Tous d’un seul coup.

À la fin, la dame nous a glissé qu’il existait des études (qu’on nous cache bien évidemment) mettant en évidence un lien entre l’obésité et la consommation de lait de croissance pendant la petite enfance. J’ai secrètement pensé : « M’étonne pas ! »

Puis notre protégé a eu un an.

On est donc passé au lait entier sans trop se poser de question ni vraiment aborder le sujet en fait, jusqu’au jour où, la dernière goutte de la dernière bouteille de lait n’ayant pas permis de faire un biberon complet, mon cher et tendre est parti à la traite et est rentré armé de deux bouteilles de… LAIT DE CROISSANCE !

Le débat me revient, je scrute l’étiquette : pas loin de 7g de sucres pour 100mL de lait. Horreur. La dame avait raison. Un rapide calcul me donne que pour un biberon de lait, mon petit avale 17 grammes de sucres, et que s’il en prend trois comme ça dans la journée, ça lui fait un apport en sucres de 51 grammes (rien qu’avec le lait). Plus de deux fois plus que ce qu’un autre calcul m’avait donné comme résultat pour ce qui concerne l’apport recommandé en sucres par l’OMS pour un petit du gabarit du mien.**

Creusons donc un peu.

** L’OMS recommande un apport en sucres se situant entre 5 et 10% de la ration énergétique pour les enfants et les adultes. Par ailleurs, l’apport journalier moyen pour un enfant d’un an étant de grosso modo 100cal/kg, et 1 gramme de sucre contenant 3,87 calories, tout ça me donne, pour mon chérubin d’un an de 10kgs, un total de 26 grammes de sucres max par jour.

Le lait de croissance, c’est le bien ?

Je n’irai pas jusqu’à affirmer ça (il semblerait d’ailleurs que les connaissances et études actuelles ne le permettent pas), mais disons que tout ce que j’ai pu lire m’a mis le doute. Laisse-moi tout te raconter.

Du côté des arguments qui m’ont fait remettre en question ma critique sans appel du lait de croissance :

  • Le principal (seul ?) intérêt du lait de croissance c’est donc effectivement sa grande teneur en fer. Il semblerait même que même la meilleure alimentation au monde ne soit pas à même de couvrir les besoins d’un petit de cet âge en fer. Merci boudin noir, foie, et rognons, mais il va falloir faire mieux. Et là tu te demandes comment l’espèce humaine a pu survivre avant l’invention du lait de croissance ? Moi aussi.
    Je vais donc tenter de te restituer la discussion que j’ai lue ici (et dont je te recommande la lecture) un peu plus finement : le monsieur « pour » de l’interview a dit très exactement qu’il faudrait que nos enfants soient capables de manger 100 grammes de viande par jour (l’équivalent de pas loin d’un steak haché) pour pouvoir se passer du lait de croissance ; l’autre a dit qu’on ne sait pas si le lait de croissance résout le problème du grand besoin en fer des tout-petits, et que c’est comme pour les compléments alimentaire chez les adultes en gros : pour le moment il n’existe pas de résultat satisfaisant montrant une réelle efficacité.
  • Ensuite, le lait entier serait un peu trop riche en acides gras saturés en comparaison avec le lait de croissance, qui lui, aurait l’équilibre parfait sur ce plan-là.
  • Enfin, je n’ai trouvé aucun article parlant de lien entre la consommation de lait de croissance et l’obésité infantile, tout au plus un article affirmant ça mais pour le lait entier, qui serait trop riche en protéines… Heum, heum.

Passons maintenant aux arguments qui me font rester sur ma position « lait entier » :

  • Le sur-sucrage du lait de croissance ainsi que l’ajout d’arômes pour masquer le mauvais goût du fer est effectivement quelque chose de pratiqué.
    [Cependant, comme me l’a soufflé sans le savoir Juliette, aujourd’hui tous les laits de croissance ne sont pas concentrés pareil en sucre. Pour citer une marque au hasard, avec le lait de croissance Lactel éveil entier on est à 4,3g/100mL et avec le bio de cette même gamme, on tombe à 3,2g/100mL. Autant dire que ça rivalise sec avec du lait de vache entier. Pareil en ce qui concerne l’ajout d’arômes, on peut trouver des laits de croissance non vanillés, mais j’ai pu constater que par défaut malheureusement, ils le sont.]
  • L’ajout de sucres et d’arômes peut modifier les sensation gustatives de ton enfant et développer chez lui un goût plus prononcé pour les aliments sucrés. (En même temps, tu pourras dire que si ton enfant est accro au sucre, c’est la faute au lait de croissance et pas du tout lié aux 50 bacs de glaces et tablettes de chocolat que tu t’es descendus pendant la grossesse.)
  • Pour finir, on ne sait pas si le lait de croissance est cancérigène. Certains éléments suggèreraient qu’il puisse l’être à hautes doses, mais il n’existe pas d’études sur le sujet.

Et donc, on fait quoi ?

Alors toi je sais pas, parce que j’ai déjà du mal avec mon propre cas, mais perso peut-être que je commencerais tout de même à lui donner un biberon de lait de croissance par jour sur les trois qu’il prend. Je me mouille pas trop, tu noteras. Bien sûr, je vais avant tout bien lire les étiquettes et si mon cher petit ne supporte pas le goût métallique d’un lait de croissance sans adjonction de sucres ou d’arômes, on re-passera tout simplement au lait entier !

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14 Juil 2015

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Réactions

  1. M

    Maman À Dada ! 21 Juil 2015 - 11:48 Répondre

    pfff… Encore une fois on ne sait pas trop ce qu’on mange et on ne sait pas plus ce qu’on devrait manger !
    Merci pour cet article, je ne m’étais jamais trop posé de questions sur le lait de croissance, du coup tu m’en as appris beaucoup !
    Ici on en est en train de passer au lait de chèvre car on soupçonne le lait de vache d’être à l’origine de l’eczéma de notre « grande »…
    • J

      Joana 23 Juil 2015 - 11:27

      À ma crèche il y a des parents qui refusent de donner du lait de vache à leur fille aussi, mais je ne connais pas leurs raisons ! Oui, c’est dommage qu’on soit obligés de faire un peu au pif, et surtout, qu’on nous informe si peu. Difficile de trouves des infos claires qui aident à se décider !
  2. E

    Emma June 23 Juil 2015 - 3:45 Répondre

    Ici mon 4 ans refuse de boire un autre lait que le lait de croissance, du coup, parfois, je me dis que j’aurais pas du commencer! (nature ou pas, idem).
    • J

      Joana 23 Juil 2015 - 3:51

      Et en mélangeant avec un tout petit peu de lait entier ou demi-écrémé au début, pour finalement inverser les proportions au bout d’un moment ? Pour info, je n’ai aucune idée si ce que je dis est réaliste ni même recommandé (il faudrait voir avec le pédiatre), c’est juste que ça m’a traversé l’esprit en lisant ton commentaire. Bon courage, bises !

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